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11 novembre 2012

La petite couronne

Voici comment prier la petite couronne:

Viens, Esprit Saint, emplis les coœurs de tes fidèles et allume en eux le feu du pur amour. Seigneur, envoi ton Esprit et tout sera créé et tu renouvelleras la face de la terre.

Prions.

Seigneur Dieu, puisque tu as instruit tes fidèles en éclairant leur âme par les lumières de l’Esprit Saint, donne-nous d’animer par cet Esprit ce qui est bien et de jouir sans cesse du réconfort qu’il nous apporte par le Christ notre Seigneur. Amen.

Sois glorifiée, Marie, Fille très amiable de Dieu le Père. Nous te louons, car en toi se sont manifestées les œuvres de Dieu.

Notre Père…

Nous te louons, Marie, car Dieu t’a choisie pour devenir mère de son Fils.
Je te salue, Marie,…

Nous te louons, Marie, car pour le Royaume de Dieu, tu as suivi le Christ dans une virginité et un détachement total.
Je te salue, Marie,…

Nous te louons, Marie, parce que tu as assume le privilege de l’Immaculée Conception avec une fidélité et un amour tells que la redemption du Christ a trouvé sa plenitude en ton âme et en ton corps.
Je te salue, Marie,…

Nous te louons, Marie, parce que, comme une nouvelle Eve, tu as mis ta vie au service de Dieu pour la redemption du monde.
Je te salue, Marie,…

Gloire au Père,…

Sois glorifiée, Marie, Mère du Fils de Dieu. Nous te louons, car tu as vécu ta vocation avec un amour fidèle.

Notre Père,…

Nous te remercions, Marie, car tu nous as donné l’exemple d’une foi vive qui écoute la parole de Dieu et accomplit sa volonté.
Je te salue, Marie,…

Nous te remercions, Marie, car tu as été pour nous l’exemple de notre humanité indigente qui aspire de tout son être vers la promesse de Dieu.
Je te salue, Marie,…

Nous te remercions, Marie, parce que tu as été pour nous l’exmple d’une personne serviable, qui realise son amour de Dieu dans la charité du prochain.
Je te salue, Marie, …

Nous te remercions, Marie, parce que tu nous a donné l’exemple d’une personne sauvée, qui accepte la croix du Christ pour la redemption du monde.
Je te salue, Marie,…

Gloire au Père,…

Sois glorifiée, Marie, Epouse du Saint-Esprit. Nous te louons, car tu nous aimes comme une mere attentive, qui nous conduit tout au long de la vie vers Dieu, notre Père.

Notre Père,…

Nous t’aimons, Marie, pour l’amour maternel don’t tu entoures les croyants à leur naissance et pour le souci que tu déploies à assurer leur croissance vers une vie adulte.
Je te salue, Marie,…

Nous t’aimons, Marie, car tu nous portes dans ton cœur comme tes enfants, et tu intercedes pour nous auprès de Jésus ton Fils.
Je te salue, Marie,…

Nous t’aimons, Marie, car tu es la mere de l’Église qui cherche à réunir tout le genre humain dans le Christ unique.
Je te salue, Marie, …

Nous t’aimons, Marie, car tu es pour nous le signe de l’espérance sur le chemin du Royaume de Dieu.
Je te salue, Marie,…

Gloire au Père,…

Prions.

À l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, sainte Mère de Dieu. Ne méprise pas nos prières quand nous sommes dans l’épreuve, mais de tous les dangers délivre-nous toujours, Vierge glorieuse, Vierge bienheureuse.

2 avril 2012

Catéchèse à l'école de Marie (7)


Commentaire sur La Vraie Dévotion de Montfort (120-133)

Montfort choisit les mots

Manuscrit du Père de Montfort
Après avoir expliqué ce qu’il entend par le terme ‘parfait’, le père de Montfort, dans son manuscrit, marque pour la première fois un titre : « La parfaite consécration à Jésus Christ » et il commence avec une phrase remarquable résumant son raisonnement : « Toute notre perfection consistant à être conformes, unis et consacrés à Jésus Christ, la plus parfaite de toutes les dévotions est sans difficulté celle qui nous conforme, unit et consacre le plus parfaitement à Jésus Christ » (120).

Les trois verbes

Ce qui frappe dans cette phrase c’est que le raisonnement est bien axé sur le Christ. Ensuite y a la succession des trois verbes et leur répétition : être conformes, unis et consacrés. Les deux premiers expriment le but ultime, le troisième la persévérance nécessaire pour l’atteindre. Le but, on le retrouve partout dans les écrits de Montfort, formulé différemment comme dans la phrase finale de la consécration : « Ô Vierge fidèle, rendez-moi en toutes choses un si parfait disciple, imitateur et esclave de la Sagesse incarnée, Jésus Christ, votre Fils, que j'arrive, par votre intercession, à votre exemple, à la plénitude de son âge sur la terre et de sa gloire dans les cieux » (ASE 227). Arriver à la plénitude de l’âge de Jésus, quel langage ! Dans le Secret de Marie, il dit non seulement que c’est possible, mais que c’est la vocation assurée de chaque baptisé (SM 3). Il va l’expliquer et le verbe ‘être consacré’ nous met sur la piste.

Corps et âme

Consécration est une expression du langage courant : se consacrer à son travail, à un idéal et surtout se consacrer à une personne. Par là on dit qu’on se donne corps et âme à quelqu’un, qu’on lie son bonheur personnel à lui. Chose étonnante, malgré la dépendance qui en découle et le service qui se crée, pouvoir se consacrer à quelqu’un conduit au sommet de l’épanouissement humain.
C’est précisément ce terme que Montfort choisit pour caractériser la dévotion qu’il envisage. Elle n’est rien d’autre qu’un reflex positif et radical à l’appel de Dieu dans la Bible. Lisant avec un cœur attentif l’Ancien comme le Nouveau Testament, Montfort a perçu cette voix suppliante: « Ô hommes ! ô enfants des hommes ! c'est à vous que je crie depuis si longtemps; c'est à vous que ma voix s'adresse; c'est vous que je désire; c'est vous que je cherche; c'est vous que je réclame. Ecoutez, venez à moi; je veux vous rendre heureux ! » (ASE 66). Avec toutes ses énergies Montfort a réagi à cet appel ; c’est alors qu’un monde nouveau s’est ouvert à lui. Le Seigneur est venu le visiter. Ses yeux ont découvert les hommes avec les yeux de Dieu, son cœur a commencé à les aimer comme Dieu les aime. Il est devenu un homme nouveau. S’adonner à Dieu, se consacrer à Lui et à son projet, change l’être humain. Voilà ce que notre auteur veut dévoiler.

Baptême et vocation

Depuis le début, pour réaliser son projet, Dieu cherche des collaborateurs bénévoles. Ce même appel retentit lors de chaque baptême, mais rares sont ceux qui l’entendent. Voilà l’objectif de la catéchèse de Montfort : faire retentir l’appel de Dieu et aider les personnes à y répondre. À cet appel du Seigneur on peut réagir de façons différentes : crier un ‘oui’ enthousiaste, ou marmotter quelque chose, ou faire comme si on n’entend rien… Le problème : souvent on ne se rend pas compte qu’en Jésus le Dieu invisible s’est rendu visible, qu’il est venu partager le sort des bons et des mauvais, qu’il est descendu dans les recoins les plus sombres de l’existence humaine afin de la transformer de l’intérieur, et qu’il a détruit la porte de la mort et ouvert le chemin qui conduit à la terre nouvelle et aux cieux nouveaux.

Le lecteur attentif, ayant trouvé dans l’ensemble des livres de la bible le fil rouge, découvre que ce fil conduit au ‘oui’ de Marie. Grâce à ce ‘oui’, Dieu est devenu l’Emmanuel, Dieu-avec-nous. L’esprit humain s’y perd lorsqu’il y réfléchit sérieusement, note Montfort: Marie demeure de Dieu ! et de toutes les manières il répète qu’aujourd’hui encore, Dieu veut devenir homme. Le miracle se renouvelle lors de chaque baptême, tout au moins si le ‘oui’ au Dieu demandeur est aussi clair et radical que celui de Marie.

Marie ou Jésus ?

Un ‘oui’ limpide comme celui de la Vierge Marie, qui en est capable ? Ils sont rares, avoue Montfort, mais la Vierge Marie nous est donnée en aide. Pour nous le rappeler il a pris la plume à la main (110).

Marie a eu un lien privilégié avec Jésus. Je cite Jean-Paul II. Elle l’a porté dans son sein, elle l’a suivi sur ses chemins. Avec les yeux de son cœur elle s’est concentrée sur lui pour trouver une réponse à la question capitale : qui est-il ce Dieu si vulnérable ? Toujours riche d’un étonnement d’adoration elle ne s’est jamais détachée de lui, jusqu’au Golgotha. C’est là qu’elle reçût la mission d’être ‘mère’ pour les disciples.

Personne n’a été unie avec autant d’assiduité à la personne et à l’œuvre de Jésus qu’elle, au point que Montfort peut dire : « plus qu’une âme sera consacrée à Marie, plus elle le sera à Jésus Christ » (120). Cette constatation est importante pour ceux qui craignent qu’en se consacrant à Marie, ils font du tort à Jésus.

Contrat d'alliance
Contrat avec Dieu

Remarquez qu’il regroupe les mots ‘parfait’ et ‘consécration’ et qu’il les répète, c’est voulu: « C'est pourquoi la parfaite consécration à Jésus Christ n'est autre chose qu'une parfaite et entière consécration de soi-même à la Très Sainte Vierge, qui est la dévotion que j'enseigne; ou autrement une parfaite rénovation des vœux et promesses du saint baptême » (120).

Notons qu’il met l’accent sur la ‘parfaite’ rénovation des promesses baptismales. Pour faire découvrir aux gens la pleine signification de ce terme, il rédigeait un feuillet portant un titre provocateur : « Contrat avec Dieu. » Ainsi, lors de ses missions, il voulait faire comprendre qu’il s’agit d’un partenariat libre, d’une convention réelle avec des conséquences concrètes. Voilà les promesses baptismales. Elles peuvent faire peur, mais n‘oublions pas que Jésus nous a donné Marie comme mère et maîtresse attentive. Elle nous aidera à grandir, à devenir consacré(e) de plus en plus parfait(e).

Et la récompense ?

Que recevons-nous de retour pour tant de générosité ? Voilà une question normale, car nous sommes calculateurs. C’est un faux calcul, répond notre auteur. Précédemment il a déjà consacré des pages entières pour distinguer le serviteur et l’esclave par rapport à leur maître (69-73), ici il s’y prend autrement.

Le problème de fond est qu’on s’imagine facilement un dieu bien différent de celui qui s’est manifesté en Jésus. Dans son évangile, saint Jean conduit son lecteur sur une piste qui éclaire : « Dieu est amour ». Saint Paul de son côté: « En ceci Dieu prouve son amour envers nous : Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs » (Rom 5,8). On ne réclame pas la grâce, on la reçoit.

La plus grande récompense que nous pouvons recevoir est d’être unis au Christ, déjà de notre vivant sur terre. Ne cherchons pas à montrer un petit commerce avec Dieu, réclamant des récompenses pour chacune de nos prières ou bonnes œuvres. Référant à son expérience personnelle, Montfort écrit : "Notre Seigneur et la Sainte Vierge ne se laisseront jamais vaincre en reconnaissance" (132-133).

Frans Fabry

28 janvier 2012

Des portraits pointus - VD 92 - 104

Nous lisons avec vous les numéros 92 - 104:



92. Je trouve sept sortes de faux dévots et de fausses dévotions à la Sainte Vierge, savoir: 1º les dévots critiques; 2º les dévots scrupuleux; 3º les dévots extérieurs; 4º les dévots présomptueux; 5º les dévots insconstants; les dévots hypocrites; 7º les dévots intéressés.

93. Les dévots critiques sont, pour l'ordinaire, des savants orgueilleux, des esprits forts et suffisants, qui ont au fond quelque dévotion à la Sainte Vierge, mais qui critiquent presque toutes les pratiques de dévotion à la Sainte Vierge que les gens simples rendent simplement et saintement à cette bonne Mère, parce qu'elles ne reviennent pas à leur fantaisie. Ils révoquent en doute tous les miracles et histoires rapportés par des auteurs dignes de foi, ou tirés des chroniques des ordres religieux, qui font foi des miséricordes et de la puissance de la Très Sainte Vierge. Ils ne sauraient voir qu'avec peine des gens simples et humbles à genoux devant un autel ou image de la Sainte Vierge, quelquefois dans le coin d'une rue pour y prier Dieu; et ils les accusent d'idolâtrie, comme s'ils adoraient le bois ou la pierre; ils disent que, pour eux, ils n'aiment point ces dévotions extérieures et qu'ils n'ont pas l'esprit si faible que d'ajouter foi à tant de contes et historiettes qu'on débite de la Sainte Vierge. Quand on leur rapporte les louanges admirables que les saints Pères donnent à la Sainte Vierge, ou ils répondent qu'ils ont parlé en orateurs, par exagération, ou ils donnent une mauvaise explication à leurs paroles.
Ces sortes de faux dévots et de gens orgueilleux et mondains sont beaucoup à craindre et ils font un tort infini à la dévotion à la Très Sainte Vierge, et en éloignent les peuples d'une manière efficace, sous prétexte d'en détruire les abus.

94. Les devôts scrupuleux sont des gens qui craignent de déshonorer le Fils en honorant la Mère, d'abaisser l'un en élevant l'autre. Ils ne sauraient souffrir qu'on donne à la Sainte Vierge des louanges très justes, que lui ont données les saints Pères; ils ne souffrent qu'avec peine qu'il y ait plus de monde à genoux devant un autel de la Sainte Vierge que devant le Saint-Sacrement, come si l'un était contraire à l'autre; comme si ceux qui prient la Sainte Vierge ne priaient pas Jésus-Christ! Ils ne veulent pas qu'on parle si souvent de la Sainte Vierge et qu'on s'adresse si souvent à elle.
Voici quelques sentences qui leur sont ordinaires: A quoi bon tant de chapelets, tant de confréries et de dévotions extérieures à la Sainte Vierge. Il y a en cela bien de l'ignorance. C'est faire une mômerie de notre religion. Parlez-moi de ceux qui sont dévots à Jésus-Christ (ils le nomment souvent sans se découvrir, je le dis par parenthèse): il faut recourir à Jésus-Christ, il est notre unique médiateur; il faut prêcher Jésus-Christ, voilà le solide!
Ce qu'ils disent est vrai dans un sens; mais par rapport à l'application qu'ils en font, pour empêcher la dévotion à la Très Sainte Vierge, il est très dangereux, et un fin piège du malin, sous prétexte d'un plus grand bien; car jamais on n'honore plus Jésus-Christ que lorsqu'on honore plus la Très Sainte Vierge, puisqu'on ne l'honore qu'afin d'honorer plus parfaitement Jésus-Christ, puisqu'on ne va à elle que comme à la voie pour trouver le terme où on va, qui est Jésus.

95. La Sainte Eglise, avec le Saint-Esprit, bénit la Sainte Vierge la première, et Jésus-Christ le second: Benedicta tu in mulieribus, et benedictus fructus ventris tui, Jesus. Non pas parce que la Sainte Vierge soit plus que Jésus-Christ ou égale à lui: ce serait une hérésie intolérable; mais c'est que pour bénir plus parfaitement Jésus-Christ, il faut auparavant bénir Marie. Disons donc avec tous les vrais dévots de la Sainte Vierge, contre ses faux dévots scrupuleux: O Marie, vous êtes bénie entre toutes les femmes, et béni est le fruit de votre ventre, Jésus.

96. Les dévots extérieurs sont des personnes qui font consister toute la dévotion à la Très Sainte Vierge en des pratiques extérieures; qui ne goûtent que l'extérieur de la dévotion à la Très Sainte Vierge, parce qu'ils n'ont point d'esprit intérieur; qui diront force chapelet à la hâte, entendront plusieurs messes sans attention, iront aux processions sans dévotion, se mettront de toutes ses confréries sans amendement de leur vie, sans violence à leurs passions et sans imitation des vertus de cette Vierge très sainte. Ils n'aiment que le sensible de la dévotion, sans en goûter le solide; s'ils n'ont pas de sensibilités dans leurs pratiques, ils croient qu'ils ne font plus rien, ils se détractent, ils quittent tout cela, ou il font tout à baton rompu. Le monde est plein de ces sortes de dévots extérieurs, et il n'y a pas de gens plus critiques des personnes d'oraison qui s'appliquent à l'intérieur comme à l'essentiel, sans mépriser l'extérieur de modestie qui accompagne toujours la vraie dévotion.

97. Les dévots présomptueux sont des pécheurs abandonnés à leurs passions, ou des amateurs du monde, qui, sous le beau nom de chrétien et de dévot à la Sainte Vierge, cachent ou l'orgueil, ou l'avarice, ou l'impureté, ou l'ivrognerie, ou la colère, ou le jurement, ou la médisance, ou l'injustice, etc.; qui dorment en paix dans leurs mauvaises habitudes, sans se faire beaucoup de violence pour se corriger, sous prétexte qu'ils sont dévots à la Vierge; qui se promettent que Dieu leur pardonnera, qu'ils ne mourront pas sans confession, et quils ne seront pas damnés, parce qu'ils disent leur chapelet, parce qu'ils jeûnent le samedi, parce qu'ils sont de la confrérie du Saint Rosaire ou Scapulaire, ou de ses congrégations, parce qu'ils portent le petit habit ou la petite chaîne de la Sainte Vierge, etc.
Quand on leur dit que leur dévotion n'est qu'une illusion du diable et qu'une présomption pernicieuse capable de les perdre, ils ne le veulent pas croire; ils disent que Dieu est bon et miséricordieux; qu'il ne nous a pas faits pour nous damner; qu'il n'y a homme qui ne pèche; qu'ils ne mourront pas sans confession; qu'un bon peccavi à la mort suffit; de plus qu'ils sont dévots à la Sainte Vierge; qu'ils portent le scapulaire; qu'ils disent tous les jours sans reproche et sans vanité sept Pater et sept Ave en son honneur; qu 'ils disent même quelquefois le chapelet et l'office de la Sainte Vierge; qu'ils jeûnent, etc. Pour confirmer ce qu'ils disent et s'aveugler davantage, ils apportent quelques histoires qu'ils ont entendues ou lues en des livres, vraies ou fausses, n'importe pas, qui font foi que des personnes mortes en péché mortel, sans confession, parce qu'elles avaient, pendant leur vie, dit quelques prières ou fait quelques pratiques de dévotion à la Sainte Vierge, ou ont été ressucitées pour se confesser, ou leur âme a demeuré miraculeusement dans leur corps jusqu'à la confession, ou par la miséricorde de la Sainte Vierge, ont obtenu de Dieu, à leur mort, la contrition et le pardon de leur péchés, et par là ont été sauvés, et qu'ils espèrent la même chose.

98. Rien n'est si damnable, dans le christianisme, que cette présomption diabolique; car peut-on dire avec vérité qu'on aime et qu'on honore la Sainte Vierge, lorsque, par ses péchés, on pique, on perce, on crucifie et on outrage impitoyablement Jésus-Christ son Fils? Si Marie se faisait une loi de sauver par sa miséricorde ces sortes de gens, elle autoriserait le crime, elle aiderait à crucifier et outrager son Fils; qui l'oserait jamais penser?

99. Je dis qu'abuser ainsi de la dévotion à la Très Sainte Vierge, qui, après la dévotion à Notre-Seigneur au Très Saint- Sacrement, est la plus sainte et la plus solide, c'est commettre un horrible sacrilège, qui, après le sacrilège de l'indigne communion, est le plus grand et le moins pardonnable.
J'avoue que, pour être vraiment dévot à la Sainte Vierge, il n'est pas absolument nécessaire d'être si saint qu'on évite tout péché, quoiqu'il fût à souhaiter; mais il faut du moins (qu'on remarque bien ce que je vais dire):
Premièrement être dans une sincère résolution d'éviter au moins tout péché mortel, qui outrage la Mère aussi bien que le Fils;
Secondement se faire violence pour éviter le péché; Troisièmement, se mettre des confréries, réciter le
chapelet, le saint rosaire ou autres prières, jeûner le samedi, etc.

100. Cela est merveilleusement utile à la conversion d'un pécheur, même endurci; et si mon lecteur est tel, et quand il aurait un pied dans l'abîme, je le lui conseille, mais à condition qu'il ne pratiquera ces bonnes oeuvres que dans l'intention d'obtenir de Dieu, par l'intercession de la Sainte Vierge, la grâce de la contrition et du pardon de ses péchés, et de vaincre ses mauvaises habitudes, et non pas pour demeurer paisiblement dans l'état du péché, contre les remords de sa conscience, l'exemple de Jésus-Christ et des saints, et les maximes du saint Evangile.

101. Les dévots inconstants sont ceux qui sont dévots à la Sainte Vierge par intervalles et par boutades: tantôt ils sont fervents et tantôt ils sont tièdes, tantôt ils paraissent prêts de tout faire pour son service, et puis, peu après, ils ne sont plus les mêmes. Ils embrasseront d'abord toutes les dévotions de la Sainte Vierge; il se mettront de ses confréries, et puis il n'en pratiquent point les règles avec fidélité; ils changent comme la lune, et Marie les met sous ses pieds, avec le croissant, parce qu'ils sont changeants et indignes d'être comptés parmi les serviteurs de cette Vierge fidèle, qui ont la fidélité et la constance pour partage. Il vaut mieux ne pas se charger de tant de prières et pratiques de dévotion, et en faire peu avec amour et fidélité, malgré le monde, le diable et la chair.

102. Il y a encore de faux dévots à la Sainte Vierge, qui sont des dévots hypocrites, qui couvrent leurs péchés et leurs mauvaises habitudes sous le manteau de cette Vierge fidèle, afin de passer aux yeux des hommes pour ce qu'ils ne sont pas.

103. Il y a encore des dévots intéressés, qui ne recourent à la Sainte Vierge que pour gagner quelque procès, pour éviter quelque péril, pour guérir d'une maladie, ou pour quelque autre besoin de la sorte, sans quoi ils l'oublieraient; et les uns et les autres sont de faux dévots, qui ne sont point de mise devant Dieu ni sa sainte Mère.

104. Prenons donc bien garde d'être du nombre des dévots critiques, qui ne croient rien et critiquent tout; des dévots scrupuleux, qui craignent d'être trop dévots à la Sainte Vierge, par respect à Jésus-Christ; des dévots extérieurs, qui font consister toute leur dévotion en des pratiques extérieures; des dévots présomptueux, qui, sous prétexte de leur fausse dévotion à la Sainte Vierge, croupissent dans leurs péchés; des dévots inconstants, qui, par légèreté, changent leurs pratiques de dévotion, ou les quittent tout à fait à la moindre tentation; des dévots hypocrites, qui se mettent des confréries et portent les livrées de la Sainte Vierge afin de passer pour bons; et enfin des dévots intéressés, qui n'ont recours à la Sainte Vierge que pour être délivrés des maux du corps ou obtenir des biens temporels.

30 novembre 2011

'Appartenir' à Marie?

Comme je l'ai déjà dit ci-: Jésus-Christ est le seul pilier dans la construction de Dieu, mais ce pilier n'est pas dans le vide: Il est pour les hommes. Ceux-ci forment un deuxième pilier, comme Dieu l'a voulu. Entre les deux, il n'y a un lien devenu, depuis Abraham, une alliance. Grâce au oui plénier de Marie une alliance nouvelle et éternelle a été établie, réciproque.

Grâce à son oui nous pouvons nous-mêmes entrer dans cette alliance. Cela se produit par le baptême. Par conséquent, nous pouvons aussi dire que son oui résonne encore et continue jusqu'à ce que le Corps du Christ atteigne sa pleine stature. La cause du Christ est la cause de Marie et vice-versa. Il n'y a pas de désaccord entre les deux. Le plus ardent désir de Marie c'est que nous soyons unis à son Fils. Vous pouvez être assurés, argumente Montfort, la dépendance envers Marie n'est rien d'autre que la dépendance envers le Christ. Et il n'hésite pas à poursuivre son raisonnement: être esclave de Jésus-Christ ou de Marie, cela revient au même, c'est un engagement volontaire pour la même oeuvre.