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1 décembre 2013

Petite méditation: Prière Embrasée n° 25

25.  Vous seul, comme le Roi des cieux et le Roi des rois, séparerez du commun ces missionnaires comme autant de rois pour les rendre plus blancs que la neige sur la montagne de Selmon, montagne de Dieu, montagne abondante et fertile, montagne forte et coagulée, montagne dans laquelle Dieu se complait merveilleusement et dans laquelle il demeure et demeurera jusqu'à la fin. 

Qui est, Seigneur, Dieu de vérité, cette mystérieuse montagne dont vous nous dites tant de merveilles, sinon Marie, votre chère Epouse, dont vous avez mis les fondements sur les cimes des plus hautes montagnes: Fundamenta ejus in montibus sanctis. Mons in vertice montium. 

Heureux et mille fois heureux les prêtres que vous avez si bien choisis et prédestinés pour demeurer avec vous sur cette abondante et divine montagne, afin d'y devenir des rois de l'éternité par leur mépris de la terre et leur élévation en Dieu, afin d'y devenir plus blancs que la neige par leur union à Marie, votre Epouse toute belle, toute pure et toute immaculée, afin de s'y enrichir de la rosée du ciel et de la graisse de la terre, de toutes les bénédictions temporelles et éternelles dont Marie est toute remplie. 

C'est du haut de cette montagne [que], comme des Moïse, ils lanceront par leurs ardentes prières des traits contre leurs ennemis pour les terrasser ou convertir. 

C'est sur cette montagne où ils apprendront de la bouche même de Jésus-Christ, qui y demeure toujours, l'intelligence de ses huit béatitudes. 

C'est sur cette montagne de Dieu qu'ils seront transfigurés avec lui comme sur le Thabor, qu'ils mourront avec lui comme sur le calvaire et qu'ils monteront au ciel avec lui comme sur la montagne des Oliviers.

Pour la réflexion

°Je suis déjà monté sur une montagne. Je me rappelle   que....

° Marie est la montagne que Dieu a choisi. Je souligne l’attention particulière que Dieu a mnifesté vers Marie, en soulignant les verbes employés par Montfort.

° il ya bien une différence entre visiter et demeurer, entre monter sur une montagne et demeurer sur la montagne.....

30 septembre 2012

Catéchèse à l'école de Marie (11)



La mise en pratique

Ecriture du Père de Montfort
De sa lecture biblique le père de Montfort retient surtout que Dieu est actif moyennant la collaboration de l’homme. Parmi ses collaborateurs la Vierge Marie se distingue nettement grâce aux merveilles que le Seigneur a opérées en elle : son incarnation. Ce mystère se prolonge jusqu’à nos jours. La grâce du baptême ouvre cette voie, mais rares sont ceux qui en sont conscients. C’est une erreur assez généralisée de penser que l’on est chrétien parce que baptisé. En réalité la grâce du baptême offre tout ce qui est nécessaire pour devenir chrétien, pour devenir un point d’appui pour Dieu dans ce monde et lui offrir des mains et des pieds pour rejoindre beaucoup d’autres. Le chrétien offre à Dieu une demeure, il s’agit du mystère de l’incarnation qui continue, et la Vierge Marie y joue un rôle. C’est pourquoi, nous dit le père de Montfort, il nous faut lui offrir la possibilité d’accomplir la mission qu’elle a reçue.
Après avoir indiqué le bien fondé de la dévotion qu’il propose, notre auteur entame sa mise en pratique. Il commence une nouvelle page et avec de grands et beaux caractères il marque : « Pratiques particulières de cette dévotion ».

‘Avancer’
Rappelons-nous le numéro 119: « Comme l'essentiel de cette dévotion consiste dans l'intérieur qu'elle doit former, elle ne sera pas également comprise de tout le monde: quelques-uns s'arrêteront à ce qu'elle a d'extérieur, et ne passeront pas outre, et ce sera le plus grand nombre; quelques-uns, en petit nombre, entreront dans son intérieur, mais ils n'y monteront qu'un degré. Qui est-ce qui montera au second? Qui parviendra jusqu'au troisième? Enfin, qui est celui qui y sera par état? Celui-là seul, à qui l'Esprit de Jésus Christ révélera ce secret, et y conduira lui-même l'âme bien fidèle pour avancer de vertus en vertus, de grâce en grâce, et de lumières en lumières pour arriver jusqu'à la transformation de soi-même en Jésus Christ, et à la plénitude de son âge sur la terre et de sa gloire dans le ciel. » Comme dit précédemment, chaque élément de ce passage mérite une attention particulière, ici j’attire l’attention sur la dynamique de sa composition. Il s’agit d’un processus qui conduit à l’âge adulte chrétien, avancer pas-à-pas à la transformation en Jésus Christ.

L'intérieur qui doit être formé

Qu’entend l’auteur par "l'intérieur qui doit être formé ? " Dans son Secret de Marie nous trouvons une réponse brève qui fait comprendre que Montfort vise très haut et qui suppose un cheminement qui prend du temps, voire toute une vie: « Ame, image vivante de Dieu et rachetée du Sang précieux de Jésus Christ, la volonté de Dieu sur vous est que vous deveniez sainte comme lui dans cette vie, et glorieuse comme lui dans l'autre. L'acquisition de la sainteté de Dieu est votre vocation assurée… O ouvrage admirable ! … il n'y a que Dieu qui, par une grâce, et une grâce abondante et extraordinaire, puisse en venir à bout… » (SM 3). Voilà ce que l’on apprend à l’école de Marie. Les exercices que Montfort va proposer nous conduisent à cette école.

Un tournant

Comme Abraham, comme Moïse... comme Marie, le baptisé est supposé d’oser donner une réponse à la proposition du Seigneur, supposé de se mettre en mouvement et devenir coopérant, même sans savoir où cela le conduira.Tout au long de sa vie, le père de Montfort a été en contact avec des pères jésuites et il est très probable qu’il ait connu le chemin spirituel de saint Ignace, un chemin qui conduit à l’union au Christ. Nous ignorons s’il a suivi les exercices de saint Ignace, mais nous constatons qu’il se sert d’un schéma semblable, c’est-à-dire opter pour un temps continu qui conduit à un contrat avec le Seigneur (renouvellement officiel de son alliance avec Dieu). Pour que cette alliance soit davantage solide et efficace, avec assurance Montfort conseille de faire appel à l’aide de la Vierge Marie. Il demande de réserver au moins douze jours, pour se situer par rapport à la Bible, la Parole de Dieu qui invite à devenir acteur dans son agir en cours, suivis de trois semaines de prière assidue (227). Parmi ceux qui ont entamé le cheminement que Montfort propose, plusieurs parlent d’un tournant dans leur vie. La façon dont le père de Montfort encadre le jour de la consécration montre bien, qu’à ses yeux aussi, il s’agit d’une démarche très engageante.

Les douze jours

La Bible
Pour les douze jours Montfort suggère de se vider de l'esprit du monde et de se remplir de celui de Jésus Christ par la Vierge Marie (227). Sans cesse le lecteur de la Bible constate que les pensées du Seigneur ne sont pas celles des hommes. Dans la première partie de son écrit, de multiples façons, Montfort a attiré l’attention du lecteur sur l’agir de Dieu et sa façon d’y intégrer l’humain, particulièrement la Vierge Marie. Découvrir cet agir de Dieu demande du temps et de l’accoutumance. Voici un témoignage de Jean-Paul II référant à La Vraie Dévotion : « C’est un de ces livres qu’il ne suffit pas d’avoir lu… Je revenais sans cesse et tour à tour sur certains passages… J’ai compris que Marie nous conduit au Christ. » Précisément cette rencontre donne une nouvelle dimension à la vie humaine.

Les trois semaines

Notre auteur suggère pour la première semaine de demander la grâce de la connaissance de soi-même. À cause du langage imagé – il nous compare à des escargots, limaçons, crapauds, cochons, serpents et boucs – plusieurs classent Montfort parmi les négativistes qui dénigrent tout ce qui est humain. Or, avec ironie, il veut secouer le lecteur. Les expressions plastiques renvoient aux numéros 78-82 où il met en contraste notre pauvreté par rapport à l’homme parfait Jésus Christ, notre modèle assuré. C’est dans la prière qu’on peut acquérir une parfaite humilité : « Ils prieront Notre-Seigneur et son Saint-Esprit de les éclairer, par ces paroles : " Seigneur, fais que je voie ", ou " Que je me connaisse ", ou " Viens, Esprit Saint " et " diront tous les jours les litanies du Saint-Esprit… Ils auront recours à la Très Sainte Vierge, et lui demanderont cette grande grâce qui doit être le fondement des autres, et pour cela ils diront tous les jours l'Ave Maris Stella et ses litanies » (228). Le climat de prière est indispensable durant tout le circuit des 30 jours.
« Pendant la seconde semaine, ils s'appliqueront dans toutes leurs oraisons et œuvres de chaque journée, à connaître la Très Sainte Vierge. Ils demanderont cette connaissance au Saint-Esprit. Ils pourront lire et méditer ce que nous en avons dit (cf. 16-36 et 83-89). Ils réciteront, comme la première semaine, les litanies du Saint-Esprit et l'Ave Maris Stella, et, de plus, un rosaire tous les jours, ou du moins un chapelet, à cette intention » (229).
« Ils emploieront la troisième semaine à connaître Jésus Christ. Ils pourront lire et méditer ce que nous en avons dit (cf. 61-77), et dire l'oraison de saint Augustin (cf. 67). Ils pourront, avec le même saint, dire et répéter cent et cent fois par jour: " Seigneur, que je te connaisse ! " ou bien : " Seigneur, que je voie qui tu es’! Ils réciteront, comme aux semaines précédentes, les litanies du Saint-Esprit et l'Ave Maris Stella, et ajouteront tous les jours les litanies du Saint Nom de Jésus » (230).

En tant que pédagogue

Le père de Montfort
Notons qu’il ne s’agit pas de formules magiques, les suggestions de Montfort ont pour but de vous aider à entrer dans ‘le monde de Dieu’, comme cela est arrivé à la Vierge Marie quand, par l’opération du Saint Esprit, Dieu s’est fait homme (cf. n° 6). Finalement, en tant que bon pédagogue, Montfort devient très concret: signez et datez le texte de votre consécration et faites un geste particulier. Il parle d’un ‘tribut’ pour marquer votre dépendance de Jésus et de Marie. « Ce tribut sera selon la dévotion et la capacité d'un chacun: comme un jeûne, une mortification, une aumône, un cierge; quand ils ne donneraient qu'une épingle en hommage, avec un bon cœur, c'en est assez pour Jésus, qui ne regarde que la bonne volonté….Tous les ans au moins, le même jour, ils renouvelleront la même consécration, observant les mêmes pratiques pendant trois semaines. Ils pourront même, tous les mois et tous les jours, renouveler tout ce qu'ils ont fait, par ce peu de paroles: Je suis tout à vous, et tout ce que j'ai vous appartient, ô mon aimable Jésus, par Marie, votre sainte Mère » (233-234).

Frans Fabry

10 janvier 2012

La pensée de Montfort.


La Vraie Dévotion n’est pas un moyen magique, mais elle est porte l’empreinte d’un saint. Et les saints savent plus que nous, ils voient plus clairement. Ils sont des visionnaires pour les choses de Dieu.” (Cardinal Danneels)

Dans son petit livre L’Amour de la Sagesse Éternelle, Montfort consacre un chapitre entier au plan de Dieu pour sauver sa création et pour lui donner  une toute nouvelle tournure. Jésus, la Sagesse, prend la décision : «J‘irai chez les hommes ». (ASE 45) Nous trouvons déjà cette décision dans le livre de l’Exode où Dieu le Père dit : « J’ai entendu les cris de mon peuple, je vais descendre. »
(Ex 3, 7-8) Pour réaliser son plan de salut et le mener jusqu’à son accomplissement, Dieu choisit Marie.


Ce que Dieu a promis de réaliser

Comment Montfort voit-il l’agir de Dieu ? Dieu est entré dans l’histoire. Et cela après une longue période de préparation. Aux environs de l’année 1800 avant Jésus-Christ, Dieu s’est fait connaître à Abraham et 1800 ans plus tard, le Christ  lui-même  est venu dans le monde. L’incarnation du Christ a déjà commencé dans le plan de Dieu avec Abraham. Dieu dit à Abraham : Quitte ton pays… et je ferai de toi un grand peuple. » Une promesse.

Et, à travers toute l’histoire, nous voyons que Dieu tient parole. Il se ‘colle’ à ceux à qui il a fait une promesse. Abraham est allé à  l’aventure. Il a transmis sa foi dans la promesse de Dieu à Isaac et à Jacob. Ils n’avaient, dans leur pérégrination tout au long de leur vie, que cette  promesse de Dieu. Leur foi consistait en ceci : Ce que Dieu a promis, il l’accomplira.  Même si les circonstances semblaient, à première vue, affirmer le contraire. Après tout, le peuple de Dieu en Egypte, a fini par devenir esclave.

Il semble que le plan de Dieu, depuis Abraham, ne progresse qu’avec des hauts et des bas. Lorsque la détresse devint extrême, Dieu s’adressa à Moïse : « J’ai entendu les plaintes de mon peuple, je vais descendre. Va trouver Pharaon et va plaider en faveur de mon peuple. » Avec Moïse, nous arrivons à un moment charnière de l’histoire Avec lui fut réalisée l’Alliance.

Mais malgré cette Alliance, le peuple s’égare à nouveau.  Les Hébreux durent endurer un séjour de quarante ans dans le désert (quarante ans était alors la longueur d’une vie). Même après qu’ils soient entré dans la ‘Terre Promise’, leur vie est passée par des moments d’euphorie et par de lourdes épreuves : après les points culminants avec les rois Saül, David et Salomon, il y eut aussi des creux profonds.

Le point le plus bas fut l’exil à Babylone et la destruction du temple de Jérusalem avec la perte de l’arche d’alliance. Dans ces périodes d’infidélité et de désespoir, les prophètes ont toutefois rappelé que Dieu tient toujours parole. C’est aussi une constante dans les relations de Dieu avec les hommes qu’il atteint toujours son but malgré la faiblesse humaine et de sérieux obstacles


Pensant à tous, Dieu s’adresse à quelques-uns
D’un groupe de pauvres, de fidèles, est enfin née Marie et, à elle aussi, Dieu a fait une promesse : ‘Celui qui naîtra de toi sera le Messie’. En Jésus, se réalise en effet la Nouvelle et Eternelle Alliance. En lui, le plan de Dieu pour les hommes s’accomplit définitivement.

Montfort se demande comment Dieu peut encore aujourd’hui agir réellement et ce qu’il peut déduire de sa ligne de conduite. Il est frappé par le fait que Dieu, à travers tout son plan, à travers toute l’histoire des hommes, s’adresse à une seule personne. Pensant à tous les hommes, il choisit Abraham, Moïse, Marie. Dieu ne s’adresse pas pour cela en premier lieu aux personnes les plus douées. Dans son plan, Dieu ne regarde pas les qualités humaines ou les défauts : Moïse n’était pas un bon orateur, il bégayait. Marie était issue des Anawim, des petits, de ceux qui ne peuvent pas compter sur leurs propres forces, qui attendent tout de Dieu.


Dieu se fait ‘dépendant’

Pensant à tous, Dieu s’adresse donc à quelques-uns ; Surtout, Dieu ne va pas vers les gens qui débordent de qualités, mais il s’adresse aux personnes, les questionne, les invite, les appelle. Dieu se fait dépendant. Il prend l’initiative et demande : « Veux-tu… ? C’est l’image que Montfort a de Dieu. Il est un Dieu qui nous prie.

“Me voici.”

Un autre aspect dans tout ce schéma de l’agir de Dieu est que, bien qu’il soit un Dieu qui questionne, il n’y a qu’une réponse possible. La réponse est toujours la même : « Me voici. » Aussi bien Abraham que Moïse l’ont dite. Marie a dit: “Je suis la servante du Seigneur.» C’est la réponse positive du croyant à la demande de Dieu. Quand Jésus est entré dans le monde, il a dit aussi « Voici, je viens pour faire ta volonté. » C’est aussi la prière fondamentale que Montfort a concrétisée dans sa Consécration, le renouvellement des promesses du baptême : « Me voici. »


Marie, le plus court chemin pour aller à Jésus

Marie a clairement sa place dans la grande œuvre de Dieu. Dans le récit de Cana, Marie était là, aussi bien que Jésus. Marie voit que la fête est en train de mal tourner et elle s’adresse à Jésus. Mais il lui répond : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. » Chez Jean, l’heure signifie l ‘aube de l’accomplissement du plan du salut. Marie est celle qui donne à Dieu la chance d’amener son plan à son achèvement. Elle entre dans le plan d’action du salut,  dans l’agir de Jésus.

Et tout à fait à la fin du récit Jean écrit : « Tel fut le premier des signes de Jésus. Il l’accomplit à Cana, de Galilée. Il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui. » Cela veut dire qu’il manifesta qui il était dans le grand plan de Dieu, qui enfin établit sa nouvelle et éternelle alliance. Marie était présente à Cana, à l’éclosion de la foi des disciples.

Et quand l’heure de Jésus fut venue, elle est là de nouveau. Juste au moment où la foi des disciples vacillait sérieusement, Marie est là debout, avec Jean, au pied de la croix et reçoit de Jésus au Golgotha une nouvelle mission : « Femme, voici ton fils », qui vacille, qui a besoin de soutien, qui doit encore grandir dans sa foi. Et à Jean Il dit : « Voici ta mère.» Montfort s’est fortement appuyé sur la mission que Marie a reçue envers les croyants.

Dans les Actes des Apôtres, nous voyons comment Marie a pris concrètement sa place au milieu des disciples qui vacillent dans leur foi. Marie était présente, au jour de la Pentecôte, lorsque l’Eglise est née et que les disciples sont devenus des hommes nouveaux habités par Dieu. Montfort réfléchit là-dessus ; il a parcouru les mêmes étapes dans sa vie et il dit : Dieu est venu habiter en moi. C’est possible aussi pour chacun de nous. Montfort nous montre pour cela un chemin aisé et ce chemin aisé passe par Marie.