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27 avril 2013
Catéchèse à l'école de Marie - Un aperçu
Ci-dessous, vous trouvez les liens pour retrouver les quinze articles qui sont publié:
2 avril 2013
Catéchèse à l' école de Marie (15)
Commentaire sur La Vraie Dévotion de Montfort (fin 266 – 273)
Cette dévotion et la communion
Montfort vient de terminer son exposé
mais il ajoute à son manuscrit cinq pages et offre des suggestions pour vivre,
avec l’aide de Marie, intensément la rencontre du Christ dans la communion.
Rappelons-nous que le sacrifice du Christ a créé une relation toute neuve
entre Dieu et l’homme. La finale de l’évangile selon Matthieu l’exprime avec des paroles claires : « Et moi, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin des temps. » Lors de l’Eucharistie la relation est concrétisée davantage : « Voici mon corps… voici mon sang… faites ceci en mémoire de Moi. »
entre Dieu et l’homme. La finale de l’évangile selon Matthieu l’exprime avec des paroles claires : « Et moi, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin des temps. » Lors de l’Eucharistie la relation est concrétisée davantage : « Voici mon corps… voici mon sang… faites ceci en mémoire de Moi. »
Sachant jusqu’à quel point il
cherchait à vivre l’union au Christ, on devine facilement que Montfort avait
une dévotion particulière à l’Eucharistie, le sacrement qui offre une occasion
de rencontre du Seigneur plus tangible que les autres sacrements. Elle provoque
chez lui une gêne, c’est pourquoi il cherche et trouve une aide auprès de la
Vierge Marie. Ne l’avait-il pas mille et mille fois choisie comme ‘mère’ ?
Confiant comme un enfant il s’adresse à sa ‘maman’.
Parce qu’elle a accueilli dans
son sein cet Hôte hors pair, il l’appelle à son secours. Voilà le cadre dans
lequel se situe ce supplément de la Vraie Dévotion. Le titre indiqué par
Montfort est clair : « Manière de pratiquer cette dévotion dans la
sainte communion. »
Avant la communion
Qu’est-ce que vous ne feriez pas pour accueillir chez vous à domicile une
personnalité de renommée universelle ? Vous mettriez vos meilleurs habits,
vous arrangeriez pour le mieux votre maison, vous prévoiriez un présent... Voilà
le cadre qui nous aide à comprendre Montfort, car communier c’est vivre un
accueil étrange. En effet, il y a un décalage énorme
entre vous-même et celui qui arrive. De plus il y a quelque chose d’étrange ; d’une part Il vous dépasse à tout point de vue et d’autre part vous êtes précieux à ses yeux. Le grand Jésus des évangiles tient à venir chez vous. Parce que vous prenez si souvent refuge auprès d’elle, dit Montfort, Il demande à la Vierge Marie d’être présente chez vous pour vous aider quand vous vous sentez perdu ou risquez d’être maladroit.
entre vous-même et celui qui arrive. De plus il y a quelque chose d’étrange ; d’une part Il vous dépasse à tout point de vue et d’autre part vous êtes précieux à ses yeux. Le grand Jésus des évangiles tient à venir chez vous. Parce que vous prenez si souvent refuge auprès d’elle, dit Montfort, Il demande à la Vierge Marie d’être présente chez vous pour vous aider quand vous vous sentez perdu ou risquez d’être maladroit.
D’où le bon conseil : avant de communier renouvelez votre
consécration : « je suis tout à vous avec tout ce que j’ai.» La
confiance en Marie, sa ‘mère’, inspire Montfort à lui suppléer de prêter son
cœur pour y accueillir Jésus comme elle l’a fait autrefois. S’il te plaît, Marie,
prêtes-moi ton cœur (266).
Dans la communion
Montfort : la prière de Jésus, le Notre Père, vous a introduit dans un
climat caractéristique, car vous avez le droit d’appeler le grand Dieu ‘père’,
‘papa’. Adressez-vous à Lui comme si c’était pour la première fois et
dites : Seigneur, je ne suis pas digne de vous recevoir, en y ajoutant que
vous n’en êtes pas digne, mais que la Vierge Marie est présente, elle qui en
toute humilité disait : ‘Voici la servante du Seigneur’. Le Père avait en
elle une confiance et une espérance singulière.
Avec les mêmes paroles vous pouvez vous adresser à Jésus : Seigneur,
je ne suis pas digne… . Demandez
lui pardon de vos faiblesses et dites lui que la Vierge Marie l’attend chez
vous. Et adressez-vous au Saint-Esprit avec les mêmes paroles : Seigneur,
je ne suis pas digne… . Dites-lui votre indignité à cause de votre tiédeur
en tant que chrétien, avouez votre surdité et vos résistances à ses
inspirations et dites-lui que vous mettez toute votre confiance en Marie, sa
fidèle épouse. Comme dans le passé, elle est toujours prête à s’engager pour le
Royaume de Dieu. Grâce à elle le Saint-Esprit peut devenir agissant en vous et
former en vous Jésus. Il vous transformera, vous allez naître une deuxième
fois. Il s’agit de la naissance à laquelle le Seigneur faisait allusion devant
Nicodème tout étonné : « Il vous faut naître d’en-haut »
(267-269).
Après la communion
« Après la sainte communion, étant intérieurement recueilli, et les
yeux fermés, vous
introduirez Jésus Christ dans le cœur de Marie ». Vous pouvez être sûr qu’elle Lui assurera un accueil qui dépasse toute fantaisie. Comme prière, Montfort offre une série de suggestions tirées d’autres auteurs, non pas des méditations toutes faites, mais un éventail de possibilités pour réagir à partir de la parole de Jésus : « Voici mon corps… voici mon sang », une réalité à peine concevable. C’est pour cela que Montfort se confie à Marie.
introduirez Jésus Christ dans le cœur de Marie ». Vous pouvez être sûr qu’elle Lui assurera un accueil qui dépasse toute fantaisie. Comme prière, Montfort offre une série de suggestions tirées d’autres auteurs, non pas des méditations toutes faites, mais un éventail de possibilités pour réagir à partir de la parole de Jésus : « Voici mon corps… voici mon sang », une réalité à peine concevable. C’est pour cela que Montfort se confie à Marie.
Il est bien possible que vous trouviez étrange cette
manière de parler. Consolez-vous, vous n’êtes pas seul ! En 1714, deux ans
avant la mort du père de Montfort, le chanoine Jean-Baptiste Blain a eu un
entretien remarquable avec son ami intime. Dans ses Mémoires il en fait un rapport détaillé, en voici un extrait:
« Dans l’entretien que nous eûmes ensemble, il m’avoua que Dieu le
favorisait d’une grâce fort particulière qui était la présence continuelle de
Jésus et de Marie dans le fond de son âme. J’avais peine à comprendre une
faveur si relevée, mais je ne voulus pas lui en demander l’explication; et
peut-être n’aurait-il pas pu me la donner lui-même, car il y a dans la vie
mystique des opérations de grâce inexplicables aux âmes mêmes qui en sont favorisées »
(340).
Après la communion le père de Montfort prie à partir des fragments autant de l’Ancien que du Nouveau Testament et conclut : « Il y a une infinité d'autres pensées que le Saint-Esprit fournit, et vous fournira si vous êtes bien intérieur, mortifié et fidèle à cette grande et sublime dévotion que je viens de vous enseigner. Mais souvenez-vous que plus vous laisserez agir Marie dans votre communion, et plus Jésus sera glorifié; et vous laisserez plus agir Marie pour Jésus, et Jésus en Marie, que vous vous humilierez plus profondément et vous les écouterez avec paix et silence, sans vous mettre en peine de voir, goûter, ni sentir; car le juste vit partout de la foi, et particulièrement dans la sainte communion, qui est une action de foi. ‘Mon juste par la foi vivra’ (He 10,38). »
D’un trait de plume Montfort termine son écrit.
Avant la communion - VD 266
Avant la communion
266. 1º Vous vous humilierez profondément devant Dieu. 2º Vous renoncerez à
votre fond tout corrompu et à vos dispositions, quelques bonnes que votre
amour-propre vous les fasse voir. 3º Vous renouvellerez votre consécration en
disant: Tuus totus ego sum, et omnia mea tua sunt: Je suis tout à vous ma chère
Maîtresse, avec tout ce que j'ai. 4º
Vous supplierez cette bonne Mère de vous
prêter son coeur, pour y recevoir son Fils dans ses mêmes dispositions. Vous
lui représenterez qu'il y va de la gloire de son Fils de n'être pas mis dans un
coeur aussi souillé que le vôtre et aussi inconstant, qui ne manquerait pas de
lui ôter de sa gloire ou de le perdre; mais si elle veut venir habiter chez
vous pour recevoir son Fils, elle le peut par le domaine qu'elle a sur les
coeurs; et que son Fils sera par elle bien reçu sans souillure et sans danger
d'être outragé ni perdu: Deus in medio ejus non commovebitur. Vous lui direz
confidemment que tout ce que vous lui avez donné de votre bien est peu de chose
pour l'honorer, mais que, par la sainte communion, vous voulez lui faire le
même présent que le Père éternel lui a fait, et qu'elle en sera plus honorée
que si vous lui donniez tous les biens du monde; et qu'enfin Jésus, qui l'aime
uniquement, désire encore prendre en elle sa complaisance et son repos, quoique
dans votre âme plus sale et plus pauvre que l'étable, où Jésus ne fit pas
difficulté de venir parce qu'elle y était. Vous lui demanderez son coeur par
ces tendres paroles: Accipio te in mea omnia. Praebe mihi cor tuum, o Maria!Dans la communion - VD 267 - 268 - 269
Dans la communion
267.
2º Prêt de recevoir Jésus-Christ, après le Pater, vous lui direz trois fois:
Domine, non sum dignus, etc., comme si vous disiez, la première fois, au Père
éternel, que vous n'êtes pas digne, à cause de vos mauvaises pensées et
ingratitudes à l'égard d'un si bon Père, de recevoir son Fils unique, mais que
voici Marie, sa servante: Ecce ancilla Domini, qui fait pour vous, et qui vous
donne une confiance et espérance singulière auprès de sa Majesté: Quoniam
singulariter in spe constituisti me.
268. Vous direz au Fils: Domine, non sum dignus, etc., que vous n'êtes pas
digne de le recevoir à cause de vos paroles inutiles et mauvaises et votre
infidélité en son service; mais cependant que vous le priez d'avoir pitié de
vous parce que vous l'introduirez dans la maison de sa propre Mère et de la
vôtre, et que vous ne le laisserez point aller qu'il ne soit venu loger chez
elle: Tenui eum, nec dimittam, donec introducam illum in domum matris meae, et
in cubiculum genitrix meae (Cant 3,4). Vous le prierez de se lever et de venir
dans le lieu de son repos et dans l'arche de sa sanctification: Surge, Domine,
in requiem tuam, tu et arca santificationis tuae. (...)
269. Vous direz au Saint-Esprit: Domine, non sum dignus, que vous n'êtes
pas digne de recevoir le chef-d'oeuvre de sa charité, à cause de la tiédeur et
iniquité de vos actions et de vos résistances à ses inspirations, mais que
toute votre confiance est Marie, sa fidèle Epouse. (...)
Après la communion - VD 270 - 271 - 272 - 273
Après la communion
270.
Après la sainte communion, étant intérieurement recueilli, et les yeux fermés,
vous
introduirez Jésus-Christ dans le coeur de Marie. Vous le donnerez à sa
Mère, qui le recevra amoureusement, le placera honorablement, l'adorera
profondément, l'aimera parfaitement, l'embrassera étroitement, et lui rendra,
en esprit et en vérité, plusieurs devoirs qui nous sont inconnus dans nos
ténèbres épaisses.
271. Ou bien vous vous tiendrez profondément humilié dans votre coeur, en
la présence de Jésus résidant en Marie. Ou vous vous tiendrez comme un esclave
à la porte du palais du Roi, où il est à parler à la Reine ; et tandis qu'ils se
parlent l'un à l'autre, sans avoir besoin de vous, vous irez en esprit au ciel
et par toute la terre, prier les créatures de remercier, adorer et aimer Jésus
et Marie en votre place: Venite, adoremus, venite, etc.
272. Ou bien, vous demanderez vous-même à Jésus en union de Marie,
l'avènement de son règne sur la terre par sa sainte Mère, ou la divine sagesse,
ou l'amour divin, ou le pardon de vos péchés, ou quelque autre grâce, mais
toujours par Marie et en Marie; disant en vous regardant de travers: Ne
respicias, Domine, peccata mea. Seigneur, ne regardez pas mes péchés; sed oculi
tui videant aequitates Mariae: mais que vos yeux ne regardent en moi que les
vertus et mérites de Marie. Et en vous souvenant de vos péchés, vous ajouterez:
Inimicus homo hoc fecit: C'est moi, qui suis le plus [grand] ennemi que j'ai
sur les bras, qui ai fait ces péchés; ou bien: Ab homine iniquo et doloso erue
me, ou bien: Te oportet crescere, me autem minui: Mon Jésus, il faut que vous
croissiez dans mon âme et que je décroisse. Marie, il faut que vous croissiez
chez moi, et que je sois moins que je n'ai été. Crescite et multiplicamini: O
Jésus et Marie, croissez en moi, et multipliez-vous au dehors dans les autres.
273. Il y a une infinité d'autres pensées que le Saint-Esprit fournit, et
vous fournira si vous êtes bien intérieur, mortifié et fidèle à cette grande et
sublime dévotion que je viens de vous enseigner. Mais souvenez-vous que plus
vous laisserez agir Marie dans votre communion, et plus Jésus sera glorifié; et
vous laisserez plus agir Marie pour Jésus, et Jésus en Marie, que vous vous
humilierez plus profondément et vous les écouterez avec paix et silence, sans
vous mettre en peine de voir, goûter, ni sentir; car le juste vit partout de la
foi, et particulièrement dans la sainte communion, qui est une action de foi:
Justus meus ex fide vivit.
5 mars 2013
Catéchèse à l'école de Marie ( 14)
La Vraie Dévotion de Montfort (257 - 265)
LANGAGE D’UN
MYSTIQUE
« Voici des
pratiques intérieures bien sanctifiantes pour ceux que le Saint Esprit appelle
à une haute perfection », écrit Montfort (257). Maintes fois il a répété
que l’Esprit-Saint est à l’œuvre dès qu’on s’ouvre au Seigneur : « Il
conduit de grâce en grâce, de lumière en lumière pour arriver jusqu’à la
transformation de soi-même en Jésus Christ et à la plénitude de son âge »
(119).
Montfort n’a rien
inventé, il réfère à des témoignages de saints ;
à leur exemple se sert abondamment d’images bibliques et il fait une lecture
mystique des Ecritures, née d’une expérience vécue. Le point de départ est
clair: la Vierge Marie est ‘pleine de grâces’, l’Esprit Saint l’a ‘couverte de
son ombre’ ; voilà ce qui nous arrivera, toutes proportions gardées, si nous
sommes habités de son esprit.
Par Marie
« Il faut se mettre et se laisser entre ses mains virginales comme un instrument entre les mains d’un ouvrier, comme un luth entre les mains d’un bon joueur » (259). Comment y arriver ? Le pédagogue expérimenté réfère à la force de la répétition, à tout propos il faut redire votre affection à son égard. Alors vous serez « tout possédé et gouverné par l'esprit de Marie, qui est un esprit doux et fort, zélé et prudent, humble et courageux, pur et fécond! » (258).
Avec Marie
Il faut faire ses actions avec Marie. Elle est habitée du
Saint-Esprit et par conséquent elle est un exemple parfait. C’est pourquoi vous
pouvez la regarder comme un modèle accompli et l’imiter selon votre petite
portée. Il faudrait qu'en chaque situation vous vous posiez la question comment
elle aurait agit et Montfort réfère aux grandes vertus de Marie : sa foi
vive (depuis l’annonciation jusqu’au Golgotha), son humilité profonde (jamais
elle ne s’est ventée de sa situation privilégiée aux yeux de Dieu) ; son
ouverture à Dieu (qui n‘a jamais eu sa pareille).
L’auteur reprend le langage de Saint-Augustin : Elle
est le grand et unique moule de Dieu dans lequel l’image du Dieu invisible,
Jésus a été formé. Il conclut : celui qui a trouvé ce moule et qui s’y
perd sera bientôt changé en Jésus Christ. Il deviendra un autre christ (260).
En Marie
Ici Montfort fait une réflexion qui peut étonner, mais
elle est bien fondée : toute la personne de Marie, son corps et son âme,
est un ‘lieu’. Elle est une terre sainte où le Très Haut est venu habiter. Elle
est le vrai paradis terrestre, parce que c’est là que le Nouvel Adam y a demeuré
pendant neuf mois. Le paradis dans le livre de la Genèse n’en est qu’une image
pour annoncer ce qui se réalisera en la Vierge Marie.
L’auteur compare le sein de la Marie avec de la glaise
toute vierge dont le Seigneur s’est servi pour donner forme au Nouvel Adam.
C’est le Saint Esprit qui a donné la fécondité à cette glaise et qui a nourri
le fruit. Montfort compose un florilège, un recueil de pièces choisies, puisé
partout dans la bible pour décrire le jardin extraordinaire et fertile qu’est
Marie. « C'est en ce paradis terrestre où est véritablement l'arbre de vie
qui a porté Jésus-Christ, le fruit de vie… » (261).
Pour exprimer la grâce dont la Vierge a été inondée, à
plusieurs reprises notre auteur se sert de l’expression la ‘divine’ Marie, en
opposition aux pécheurs que nous sommes. Elle est un ‘lieu’ particulier que
Dieu s’est créé dans la perspective de sa mission unique. Il n’est pas évident que
les pécheurs y aient accès : ce lieu saint n’est pas gardé par un
chérubin, comme l'ancien paradis terrestre, mais par le Saint Esprit qui s'en
est rendu le maître absolu… Les misérables enfants d'Adam et d'Eve, chassés du
paradis terrestre, ne peuvent entrer dans ce paradis que par une grâce
particulière … (263).
Grâce à sa fidélité, on peut obtenir cette faveur. On y
est alors nourri comme un enfant dans le sein de sa mère, délivré de ses
troubles, craintes et scrupules et à l’abri de ses ennemis qui n’y ont jamais
eu d’entrée (264).
Pour Marie
Enfin Montfort reprend une caractéristique de la dévotion
qu’il envisage : il s’agit de l’attitude de service. Marie est la servante
par excellence du Seigneur et de son œuvre et elle a pris cet engagement sans
la moindre recherche de récompense. À deux reprises déjà notre auteur a
expliqué pour quelle raison il choisit l’expression ‘esclave’. Il s’agit de la
cause du Seigneur et le vrai bonheur de tous.
« Un bon serviteur et esclave, ne doit pas demeurer
oisif; mais, appuyé de la protection de Marie, il doit entreprendre et faire de
grandes choses pour cette auguste Souveraine. Il doit défendre ses privilèges
quand on les lui dispute; il doit soutenir sa gloire quand on l'attaque; dans
la mesure du possible il doit attirer tout le monde à son service et à cette
vraie et solide dévotion… il ne faut prétendre d'elle, pour récompense de ses
petits services, que l'honneur d'appartenir à une si aimable Princesse, et le
bonheur d'être par elle uni à Jésus, son Fils, d'un lien indissoluble dans le
temps et l'éternité. »
Il termine en soulignant une fois de plus que Dieu seul
est le propos du grand missionnaire. Avec de beaux caractères il remplit le
restant de la page :
« Gloire à Jésus en Marie!
Gloire à Marie en
Jésus!
Gloire à Dieu seul! »
(265).
Par Marie - 258
Faire toutes ses actions par Marie
258. 1º Il faut faire ses actions par
Marie, c'est-à-dire qu'ils faut qu'ils obéissent en toutes choses à la Très Sainte Vierge, et
qu'ils se conduisent en toutes choses par son esprit, qui est le Saint-Esprit
de Dieu. Ceux qui sont conduits de l'esprit de Dieu sont enfants de Dieu: Qui
spiritu Dei aguntur, ii sunt filii Dei. Ceux qui sont conduits par l'esprit de
Marie sont enfants de Marie, et, par conséquent, enfants de Dieu, comme nous
avons montré, et parmi tant de dévots à la Sainte Vierge , il
n'y a de vrais et fidèles dévots que ceux qui se conduisent par son esprit.
J'ai dit que l'esprit de Marie était l'esprit de Dieu, parce qu'elle ne s'est
jamais conduite par son propre esprit, mais toujours par l'esprit de Dieu, qui
s'en est tellement rendu le maître qu'il est devenu son propre esprit. C'est
pourquoi saint Ambroise dit: Sit in singulis, etc.: Que l'âme de Marie soit en
chacun pour glorifier le Seigneur; que l'esprit de Marie soit en chacun pour se
réjouir en Dieu.
Avec Marie - VD 260
Faire
toutes ses actions avec Marie
260. 2º Il faut faire ses actions avec Marie:
c'est-à-dire qu'il faut, dans ses actions, regarder Marie comme un modèle
accompli de toute vertu et perfection que le Saint-Esprit a formé dans un pure
créature, pour imiter selon notre petite portée. Il faut donc qu'en chaque
action nous regardions comme Marie l'a faite ou la ferait, si elle était en
notre place. Nous devons pour cela examiner et méditer les grandes vertus
qu'elle a pratiquées pendant sa vie, particulièrement: 1. sa foi vie, par
laquelle elle a cru sans hésiter la parole de l'ange; elle a cru fidèlement et
constamment jusqu'au pied de la croix sur le Calvaire; 2. son humilité
profonde, qui l'a fait se cacher, se taire, se soumettre à tout et se mettre la
dernière; 3. sa pureté toute divine, qui n'a jamais ni n'aura jamais de
pareille sous le ciel, enfin toutes ses autres vertus.
Qu'on se souvienne, je le répète une deuxième fois, que Marie est le grand
et l'unique moule de Dieu, propre à faire des images vivantes de Dieu, à peu de
frais et en peu de temps; et qu'une âme qui a trouvé ce moule, et qui s'y perd,
est bientôt changée en Jésus-Christ, que ce moule représente au naturel.
En Marie - VD 261 - 263 - 264
Faire
toutes ses actions en Marie
261. 3º Il faut faire ses actions en Marie.
Pour bien
comprendre cette pratique il faut savoir: 1º Que la Très Sainte Vierge est
le vrai paradis
terrestre du nouvel Adam, et que l'ancien paradis terrestre n'en était que
la figure. Il y a donc, dans ce paradis terrestre, des richesses, des beautés,
des raretés et des douceurs inexplicables, que le nouvel Adam, Jésus-Christ, y
a laissées. C'est en ce paradis qu'il a pris ses complaisances pendant neuf
mois, qu'il a opéré ses merveilles et qu'il a étalé ses richesses avec la
magnificence d'un Dieu. Ce très saint lieu n'est composé que d'une terre vierge
et immaculée, dont a été formé et nourri le nouvel Adam, sans aucune tache ni
souillure, par l'opération du Saint-Esprit, qui y habite. C'est en ce paradis
terrestre où est véritablement l'arbre de vie qui a porté Jésus-Christ, le
fruit de vie; l'arbre de science du bien et du mal qui a donné la lumière au
monde. Il y a, en ce lieu divin, des arbres plantés de la main de Dieu et
arrosés de son onction divine, qui ont porté et portent tous les jours des
fruits d'un goût divin; il y a des parterres émaillés de belles et différentes
fleurs des vertus, qui jettent une odeur qui embaume même les anges. Il y a
dans ce lieu des prairies vertes d'espérance, des tours imprenables de force,
des maisons charmantes de confiance, etc. Il n'y a que le Saint-Esprit qui
puisse faire connaître la vérité cachée sous ces figures de choses matérielles.
Il y a encore en ce lieu un air pur, sans infection, de pureté; un beau jour,
sans nuit, de l'humanité sainte; un beau soleil, sans ombre, de la Divinité ; une fournaise
ardente et continuelle de charité, où tout le fer qui [y] est mis est embrasé
et changé en or; il y a un fleuve d'humilité qui sourd de la terre et qui, se
divisant en quatre branches, arrose tout ce lieu enchanté; ce sont les quatre
vertus cardinales.
263. Mais qu'il est difficile à des pécheurs comme nous sommes d'avoir la
permission et la capacité et la lumière pour entrer dans un lieu si haut et si
saint, qui est gardé non par un chérubin, comme l'ancien paradis terrestre,
mais par le Saint- Esprit même qui s'en est rendu le maître absolu, de laquelle
il dit: Hortus conclusus soror mea sponsa, hortus conclusus, fons signatus.
Marie est fermée; Marie est scellée; les misérables enfants d'Adam et d'Eve,
chassés du paradis terrestre, ne peuvent entrer à celui-ci que par une grâce
particulière du Saint-Esprit, qu'ils doivent mériter.
264. Après que, par sa fidélité, on a obtenu cette insigne grâce, il faut
demeurer dans le bel intérieur de Marie avec complaisance, s'y reposer en paix,
s'y appuyer avec confiance, s'y cacher avec assurance et s'y perdre sans
réserve, afin que dans ce sein virginal. Ceux qui demeurent en la Sainte Vierge en esprit ne feront point de péché
considérable; 4. afin qu'elle soit formée en Jésus-Christ et que Jésus-Christ
soit formé en elle: parce que son sein est, comme disent les Pères, la salle
des sacrements divins, où Jésus-Christ et tous les élus ont été formés: Homo et
homo natus est in ea.
Pour Marie - VD 260
Faire toutes ses actions pour Marie
265. 4º Enfin il faut faire toutes
ses actions pour Marie, Car, comme on s'est tout livré à son service, il est
juste qu'on fasse tout pour elle comme un valet, un serviteur et un esclave;
non pas qu'on la prenne pour la dernière fin de ses services, qui est
Jésus-Christ seul, mais pour sa fin prochaine et son milieu mystérieux, et son
moyen aisé pour aller à lui. Ainsi qu'un bon serviteur et esclave, il ne faut
pas demeurer oisif; mais il faut, appuyé de sa protection, entreprendre et
faire de grandes choses pour cette auguste Souveraine. Il faut défendre ses
privilèges quand on les lui dispute; il faut soutenir sa gloire quand on
l'attaque; il faut attirer tout le monde, si on peut, à son service et à cette
vraie et solide dévotion; il faut parler et crier contre ceux qui abusent de sa
dévotion pour outrager son Fils; il ne faut prétendre d'elle, pour récompense
de ses petits services, que l'honneur d'appartenir à une si aimable Princesse,
et le bonheur d'être par elle uni à Jésus, son Fils, d'un lien indissoluble
dans le temps et l'éternité.
GLOIRE
A JESUS EN MARIE!
GLOIRE A MARIE EN JESUS!
GLOIRE A DIEU SEUL!
4 février 2013
Catéchèse à l'école de Marie (13)
La Vraie Dévotion de Montfort (243-256)
S’associer à Dieu
Le propre de cette dévotion
À ceux qui veulent s’associer à Dieu Montfort donne ce conseil : « Ils
auront une singulière dévotion pour le grand mystère de l'Incarnation du Verbe,
le 25 de mars, qui est le propre mystère de cette dévotion… » (243). Mettant
d’abord le focus sur Jésus incarné, Montfort exprime son étonnement :
comment a-t-Il osé dépendre de Marie à ce point-là. En effet, dans cette
situation Il s’est fait captif, Il n’avait plus de liberté d’action, il était esclave.
Cette audace et cette dépendance totale nous sert d’exemple: nous ne devons pas
hésiter à dépendre de la Vierge Marie !
Puis Montfort regarde la personne de Marie et se met à raisonner. Si le
Fils de Dieu a osé se rendre dépendant de Marie à ce point-là, cette jeune
femme devait avoir des qualités exceptionnelles. Il n’y a pas de doute, avec
soin Dieu a dû préparer un cœur humain noble qui ne Le trahirait jamais. Pour
décrire cette œuvre, Montfort parle d’un acte créateur sublime :
« Enfin le temps marqué pour la rédemption des hommes étant arrivé la
Sagesse éternelle ( = Dieu Créateur) se fit elle-même une maison, une demeure
digne d'Elle. Elle créa et forma la divine Marie, dans le sein de sainte Anne,
avec plus de plaisir qu'elle n'avait pris en créant l'univers… » (Amour de la Sagesse Eternelle 105). Avec
aisance on peut dire que Marie est une femme hors pair.
Malgré les critiques, Montfort n’hésite pas à choisir des termes
provocateurs, il veut faire réfléchir les gens. Ici il fait preuve de
prudence : « Remarquez, s'il vous plait, que je dis ordinairement:
l'esclave de Jésus en Marie, l'esclavage de Jésus en Marie. On peut, à la
vérité, comme plusieurs ont fait jusqu'ici, dire l'esclave de Marie,
l'esclavage de la Sainte
Vierge ; mais je crois qu'il vaut mieux qu'on se dise
l'esclave de Jésus en Marie… » (244). La dévotion qu’il propose est une
imitation de Jésus Christ qui, sans la moindre retenue, s’est livrée à la
bienveillance maternelle de Marie.
L’Ave Maria
Comme cinquième exercice il propose la pratique de l’Ave Maria et du rosaire.
Avec bien d’autres qui l’ont précédé, pour indiquer le fruit de cette petite
prière, il se sert d’un vocabulaire biblique. Le cœur humain est comparé à une
terre sèche, incapable de produire un Dieu. Seule une fécondité venant de
l’extérieur peut changer cette situation, or c’est ce qui est arrivé à la
Vierge Marie. La prière de l’Ave nous introduit dans la sphère du Dieu
agissant : « C'est cette prière qui a fait porter à la terre sèche et
stérile le fruit de vie, et c'est cette même prière, bien dite, qui fait germer
en nos âmes la parole de Dieu et porter le fruit de vie, Jésus Christ. L'Ave
Maria est une rosée céleste qui arrose la terre, c'est-à-dire l'âme pour la
faire porter son fruit en son temps… » (249).
Dans la deuxième partie de l’Ave on fait humblement appel à Marie pour
qu’elle nous aide à nous mettre fidèlement au service du Seigneur, tout comme
elle.
Quant au rosaire, dans La Vraie
Dévotion Montfort ne fait que citer la prière, ailleurs il donne des
orientations pour la rendre fructueuse, il a même consacré un petit livre à ce
sujet : Le Secret admirable du très
saint Rosaire. À son tour Jean-Paul II a actualisé cette prière. Accompagné
de Marie, il propose de parcourir vingt étapes de la vie de Jésus, de Le
contempler et L’écouter, puis de méditer l’événement dans son cœur.
Par l'amour
que je vous porte
Rien d’étonnant qu’à l’occasion de l’Année de la Foi,
Rome a suggéré la pratique journalière du rosaire. S’il vous est impossible de
méditer les vingt mystères, prenez-en chaque jour quelques-uns. Le rosaire est
une bonne école de la foi, une école avec Marie comme maîtresse.
Le Magnificat
Comme sixième pratique, Montfort conseille la prière du Magnificat, né dans
le cœur de Marie. L’évangéliste termine l’épisode de l’annonce sèchement :
« Et l’ange la quitta. » Après le ‘oui’ généreux, Luc ne note aucune réaction
de la part de l’ange. Marie était seule. Mais le récit continue: « Elle
partit en hâte pour se rendre dans le haut pays, dans une ville de Juda. »
Ici deux éléments me frappent, d’abord l’expression ‘en hâte’ qui réfère à des
émotions dans son cœur, puis la donnée géographique ‘le haut pays, dans une
ville de Juda’. Comme je passe souvent dans la région avec les pèlerins, ces
deux éléments m’inspirent.
La cousine de Marie habitait la région de Jérusalem. Il est secondaire de
savoir si c’était bien à l’endroit précis indiqué à Ein Karem, pour moi ce qui
attire l’attention c’est la distance de Nazareth à cette région en Judée: au
moins sept jours de marche et de préférence pas seule, mais jointe à une
caravane. A-t-elle parlé avec les autres voyageurs, a-t-elle raconté ce qu’elle
venait de vivre à Nazareth ? J’en doute. Qui est-ce qui l’aurait
cru?
Quand elle entend la salutation de sa cousine son cœur ‘explose’. Voilà l’explication
de son empressement et de ce qui s’est passé dans son esprit tout au long du
voyage. Sans cesse des bouts de psaumes et des scènes de la Bible ont retentit
dans son cœur, elle les a médité, elle les a relié les uns aux autres. C’est
ainsi que le Magnificat est né. Marie loue le Dieu agissant à travers
l’histoire et confesse sa foi : avec l’événement vécu à Nazareth s’est
réalisé l’accomplissement de la promesse faite à Abraham et à sa descendance
pour toujours. Dieu est fidèle, Il accomplit ce qu’Il a promis et – très
important – cela grâce à son ‘oui’ généreux. Le Magnificat est une forte
confession de foi.
Cette foi de Marie sera donnée à ceux et celles qui se confient à elle. Le
Magnificat est le cantique des croyants. « L'âme de la Sainte Vierge se
communiquera à vous pour glorifier le Seigneur; son esprit entrera en la place
du vôtre pour se réjouir en Dieu, son salutaire, pourvu que vous vous rendiez
fidèles aux pratiques de cette dévotion… Que l'âme de Marie soit en chacun pour
y glorifier le Seigneur; que l'esprit de Marie soit en chacun, pour s'y réjouir
en Dieu » (217).
Se connaître soi-même
Ici Montfort consacre à peine une phrase à la dernière pratique qu’il
conseille à ceux qui veulent s’associer au Seigneur, précédemment il l’a
développé longuement (cf. 78-82 et 87-88). Tirés du contexte, aujourd’hui comme
il y a 300 ans, plusieurs s’indigneraient en lisant ces quelques mots:
« Les fidèles serviteurs de Marie doivent beaucoup mépriser, haïr et fuir
le monde corrompu, et se servir des pratiques de mépris du monde que nous avons
données dans la première partie ce cet écrit » (256). Il s’agit du choix
fondamental auquel Jésus réfère quand il dit qu’on ne peut servir deux maîtres.
Une bonne dose de connaissance de soi-même est une sagesse précieuse, pensons par
exemple à la parabole du pharisien et du publicain.
Ainsi notre auteur termine la
série des pratiques extérieures ‘qu’il ne faut pas omettre par négligence
ou par mépris’, ajoute-t-il. La vraie foi demande de la pratique.
Frans Fabry
Quatrième pratique - VD 243 jusqu'au 247
243. Quatrième pratique. - Ils auront une singulière dévotion pour le grand
mystère de l'Incarnation du Verbe, le 25 de mars, qui est le propre mystère de
cette dévotion, parce que cette dévotion a été inspirée du Saint-Esprit: 1.
pour honorer et imiter la dépendance ineffable que Dieu le Fils a voulu avoir
de Marie, pour la gloire de Dieu son Père et pour notre salut, laquelle
dépendance paraît particulièrement dans ce mystère où Jésus-Christ est captif
et esclave dans le sein de la divine Marie, et où il dépend d'elle pour toutes
choses; 2. pour remercier Dieu des grâces incomparables qu'il a faites à Marie
et particulièrement de l'avoir choisie pour sa très digne Mère, lequel choix a
été fait dans ce mystère: ce sont là les deux principales fins de l'esclavage
de Jésus en Marie.
244.
Remarquez, s'il vous plait, que je dis ordinairement: l'esclave de Jésus en
Marie, l'esclavage de Jésus en Marie. (...) En voici
les raisons:
245. 1º Comme
nous sommes dans un siècle orgueilleux, où il y a un grand nombre de savants
enflés, d'esprits forts et critiques, qui trouvent à redire dans les pratiques
de piété les mieux établies et les plus solides, pour ne pas leur donner une
occasion de critique sans nécessité, il vaut mieux dire l'esclavage de
Jésus-Christ en Marie, et se dire l'esclave de Jésus-Christ que l'esclave de
Marie; prenant la dénomination de cette dévotion, plutôt de sa fin dernière,
qui est Jésus-Christ, que du chemin et du moyen pour arriver à cette fin, qui
est Marie. (...)
246.
2º Comme le principal mystère qu'on célèbre et qu'on honore en cette dévotion
est le mystère de l'Incarnation, où on ne peut voir Jésus-Christ qu'en Marie,
et incarné dans son sein, il est plus à propos de dire l'esclavage de Jésus en
Marie, de Jésus résidant et règnant en Marie, selon cette belle prière de tant
de grands hommes: O Jésus, vivant en Marie, venez et vivez en nous, en votre
esprit de sainteté, etc.
247.
3º Cette manière de parler montre davantage l'union intime qu'il ya a entre
Jésus et Marie. Ils sont unis si intimement, que l'un est tout dans l'autre:
Jésus est tout en Marie, et Marie toute en Jésus; ou plutôt, elle n'est plus,
mais Jésus tout seul en elle; et on séparerait plutôt la lumière du Soleil, que
Marie de Jésus. En sorte qu'on peut nommer Notre-Seigneur Jésus de Marie, et la Sainte Vierge Marie
de Jésus.
Cinquième pratique - VD 249 - 252 - 254
Comme
cinquième exercice il propose la pratique de l’Ave Maria et du rosaire.
249. Cinquième pratique. - Ils auront une grande dévotion à dire l'Ave Maria, oula Salutation angélique,
dont peu de chrétiens, quoique éclairés, connaissent le prix, le mérite,
l'excellence et la nécessité. Il a fallu que la Sainte Vierge ait
apparu plusieurs fois à de grands saints fort éclairés pour leur en montrer le
mérite, comme à saint Dominique, à saint Jean de Capistran, au bienheureux
Alain de la Roche. (...) c'est
cette prière qui a fait porter à la terre sèche et stérile le fruit de vie, et
que c'est cette même prière, bien dite, qui doit faire germer en nos âmes la
parole de Dieu et porter le fruit de vie, Jésus-Christ; que l'Ave Maria est une
rosée céleste qui arrose la terre, c'est-à-dire l'âme pour la faire porter son
fruit en son temps. (...)
252. AMES PREDESTINEES, ESCLAVES DE JESUS EN MARIE, apprenez que l'Ave Maria est la plus belles de toutes les prières après le Pater; c'est le plus parfait compliment que vous puissiez faire à Marie, puisque c'est le compliment que le Très-Haut lui envoya faire par un archange pour gagner son coeur; et il fut si puissant sur son coeur, par les charmes secrets dont il est plein, que Marie donna son consentement à l'Incarnation du Verbe, malgré sa profonde humilité. C'est par ce compliment aussi que vous gagnerez infailliblement son coeur, si vous le dites comme il faut.
249. Cinquième pratique. - Ils auront une grande dévotion à dire l'Ave Maria, ou
252. AMES PREDESTINEES, ESCLAVES DE JESUS EN MARIE, apprenez que l'Ave Maria est la plus belles de toutes les prières après le Pater; c'est le plus parfait compliment que vous puissiez faire à Marie, puisque c'est le compliment que le Très-Haut lui envoya faire par un archange pour gagner son coeur; et il fut si puissant sur son coeur, par les charmes secrets dont il est plein, que Marie donna son consentement à l'Incarnation du Verbe, malgré sa profonde humilité. C'est par ce compliment aussi que vous gagnerez infailliblement son coeur, si vous le dites comme il faut.
254.
Je vous prie donc instamment, par l'amour que je vous porte en Jésus et en
Marie, de ne vous pas contenter de réciter la petite couronne de la Sainte Vierge , mais
encore votre chapelet, et même, si vous en avez le temps, votre rosaire, tous
les jours, et vous bénirez, à l'heure de votre mort, le jour et l'heure que
vous m'avez cru; et, après avoir semé dans les bénédictions de Jésus et de
Marie, vous recueillerez des bénédictions éternelles dans le ciel: Qui seminat
in benedictionibus, de benedictionibus et metet. [2 Co 9,6]
Sixième pratique - VD 255
Comme
sixième pratique, Montfort conseille la prière du Magnificat, né dans le cœur
de Marie.
255. Sixième pratique. - Pour remercier Dieu des grâces qu'il a faites à la Très Sainte Vierge,
ils diront souvent le Magnificat, à l'exemple de la bienheureuse Marie
d'Oignies et de plusieurs autres saints. C'est la seule prière et le seul
ouvrage que la Sainte
Vierge ait composé, ou plutôt que Jésus a fait en elle, car
il parlait par sa bouche. C'est le plus grand sacrifice de louange que Dieu ait
reçu dans la loi de grâce. C'est d'un côté le plus humble et le plus
reconnaissant, et de l'autre le plus sublime et le plus relevé de tous les
cantiques. (...)
Septième pratique - VD 256
Ici
Montfort consacre à peine une phrase à la dernière pratique qu’il conseille à
ceux qui veulent s’associer au Seigneur, précédemment il l’a développé
longuement (cf. 78-82 et 87-88).
256.
Septième pratique. - Les fidèles serviteurs de Marie doivent beaucoup mépriser,
haïr et fuir le monde corrompu, et se servir des pratiques de mépris du monde
que nous avons données dans la première partie.
78. Nos meilleures actions sont ordinairement souillées et
corrompues par le mauvais fond qui est en nous. (...)
80. Après
cela, faut-il s'étonner si Notre-Seigneur a dit que celui qui voulait le suivre
devait renoncer à soi-même et haïr son âme; que celui qui aimerait sa vie la
perdrait et que celui qui la haïrait la sauverait? (...)
81. (...) C'est ce que saint Paul appelle mourir
tous les jours: Quotidie morior! Si le grain de froment tombant en terre ne
meurt, il demeure terre et ne produit point de fruit qui soit bon: Nisi granum
frumenti cadens in terram mortuum fuerit, ipsum solum manet. Si nous ne mourons
à nous-mêmes, et si nos dévotions les plus saintes ne nous portent à cette mort
nécessaire et féconde, nous ne porterons point de fruit qui vaille, et nos
dévotions nous deviendront inutiles. (...)
82.
Il faut choisir parmi toutes les dévotions à la Très Sainte Vierge
celle qui nous porte le plus à cette mort à nous-mêmes, comme étant la
meilleure et la plus sanctifiante. (...)
La
pratique que je veux vous découvrir est un de ces secrets de grâce, inconnu du
grand nombre des chrétiens, connu de peu de dévôts, et pratiqué et goûté d'un
bien plus petit nombre.
87.
Cinquième vérité. - Il est très difficile, vu notre faiblesse et fragilité, que
nous conservions en nous les grâces et les trésors que nous avons reçus de Dieu: Parce que nous avons ce trésor, qui vaut mieux que le ciel et la terre, dans
des vases fragiles: Habemus thesaurum istum in vasis fictilibus, dans un corps
corruptible, dans une âme faible et inconstante, qu'un rien trouble et abat.
9 décembre 2012
Edouard Poppe
![]() |
| Edouard Poppe |
Nous interrompons la ‘Catéchèse à l’école de
Marie’, car en ce mois de décembre cela fait 100 ans que l’abbé Poppe fut ‘né
d’en-haut’ (cf. l’expression de Jésus devant Nicodème) et ceci à l’aide des orientations
du père de Montfort dans la Vraie Dévotion. L’abbé Poppe est un témoin hors de
pair. Nous citons souvent le journal de l’abbé et respectons le style propre à
ce genre d’écrit. En effet il ne s’adresse pas à un lecteur mais s’exprime
directement tantôt à Jésus, tantôt à la Vierge Marie. On y découvre l’intimité
caractéristique de l’enfance louée par Jésus : ‘si vous ne devenez comme
les enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux’ (Mt 18, 3).
Il y a 100 ans ‘né d’en-haut’ - Edouard Poppe
Le 13 mars 1912
Le 13 mars
1912 Edouard termine son service militaire et se revêt de la soutane des
séminaristes. Tout heureux il écrit à sa sœur religieuse :
« Voilà mon rêve réalisé, je suis séminariste et peut-être l’homme le plus
heureux du monde » ! Et il ajoute qu’il sait bien que tout clergé est
humain et risque d’être marqué par l’esprit mondain, mais que lui est décidé de
devenir un prêtre selon le cœur de Dieu. Précédemment, un certain Jean Gravin,
séminariste aussi, lui avait mis en mains le Traité de la Vraie Dévotion de
Montfort en disant : « Voilà ce qu’il faut lire, mais prie d’abord le
Saint-Esprit ».
Edouard s’est mis
à lire le livre mais était vite déçu. Jean Gravin s’y attendait, tentait
d’expliquer la tournure d’esprit de Montfort et insistait :
« recommence la lecture ». Il le fit et le refit une
troisième fois. Progressivement il dépassa les imperfections du langage du 18e
siècle et découvrit la profondeur biblique de l’écrit. C’est alors, ce fameux
13 mars 1912, qu’il entame la première page de son journal et cite la Vraie
Dévotion : « Totus tuus… Je suis tout à vous et tout ce qui est à moi
vous appartient ». Plus tard, lors de ses voyages pastoraux, Jean-Paul II
a rendu célèbre cette expression à travers le monde. Il est important de se
rappeler que ces paroles s’adressent à la Vierge Marie, demandant son aide pour devenir
chrétien adulte.
De plus, la
première page de son journal est marquée d’une longue citation du livre de
Montfort. En résumant sa vie, on dirait qu’à ce moment le séminariste écrit sa règle
de vie : « La vraie dévotion à la Sainte Vierge est ‘sainte’,
c'est-à-dire qu'elle porte une âme à éviter le péché et imiter les vertus de la Très Sainte Vierge,
particulièrement son humilité profonde, sa foi vive, son obéissance aveugle,
son oraison continuelle, sa mortification universelle, sa pureté divine, sa
charité ardente, sa patience héroïque, sa douceur angélique et sa sagesse
divine. Ce sont les dix principales vertus de la Très Sainte Vierge »
(108).
Le grand défi
Quelques jours plus tard, le 25 mars, lors de la fête de
l’Annonciation du Seigneur, il se sert d’une expression caractéristique chez
Montfort et marque : « Jésus Christ, tout dépendant d’elle, est
emprisonné dans le sein de Marie», puis il médite la belle prière « O
Jésus, vivant en Marie ».
Il fait un calcul : du 25 mars au 25 décembre cela
fait exactement neuf mois. En union avec Jésus vivant en Marie il établit un
programme afin de célébrer une nouvelle naissance le jour de Noël prochain. Il
supplie la Vierge Marie de le prendre en charge et de l’aider à croître de
vertu en vertu, de grâce en grâce.
Chaque jour, dans le jardin du séminaire, il se rend à la
grotte de Lourdes et dans son journal copie des longs passages du livre de
Montfort. Une phrase le frappe particulièrement : « Saint Augustin se
surpassant lui-même, et tout ce que je viens de dire, dit que tous les
prédestinés, pour être conformes à l'image du Fils de Dieu, sont en ce monde
cachés dans le sein de la Très Sainte Vierge, où ils sont gardés, nourris,
entretenus et agrandis par cette bonne Mère ».
Son premier pèlerinage
à Montaigu
A l’Ascension, cette même année le 16 mai, tous les
séminaristes font le pèlerinage à Montaigu. Pour Edouard c’est un sommet de sa
vie. Sous la coupole du sanctuaire marial, à genoux, il reprend et médite
lentement phrase après phrase, particulièrement les alinéas adressés à la
Vierge Marie, la prière de consécration du père de Montfort qu’il avait copiée:
« … Moi, Edouard Johannes Maria Poppe, pécheur infidèle, je renouvelle
et ratifie aujourd'hui entre vos mains les vœux de mon baptême; je renonce pour
jamais à Satan, à ses pompes et à ses œuvres, et je me donne tout entier à
Jésus Christ, la Sagesse incarnée, pour porter ma croix à sa suite tous les
jours de ma vie, et afin que je lui sois plus fidèle que je n'ai été jusqu'ici.
Je vous choisis aujourd'hui, en présence de toute
la cour céleste, pour ma Mère et Maîtresse. Je vous livre et consacre, en
qualité d'esclave, mon corps et mon âme, mes biens intérieurs et extérieurs, et
la valeur même de mes bonnes actions passées, présentes et futures, vous
laissant un entier et plein droit de disposer de moi et de tout ce qui
m'appartient, sans exception, selon votre bon plaisir, à la plus grande gloire
de Dieu, dans le temps et l'éternité …
O Mère de miséricorde! Faites-moi la grâce
d'obtenir la vraie sagesse de Dieu et de me mettre pour cela au nombre de ceux
que vous aimez, que vous enseignez, que vous conduisez, que vous nourrissez et
protégez comme vos enfants et vos esclaves.
O Vierge fidèle, rendez-moi en toutes choses un si parfait disciple,
imitateur et esclave de la Sagesse incarnée, Jésus-Christ, votre Fils, que
j'arrive, par votre intercession, à votre exemple, à la plénitude de son âge
sur la terre et de sa gloire dans les cieux. Ainsi soit-il ».
La tonsure
Du 16 au 19 octobre de cette même année a lieu la retraite préparatoire à
la tonsure (une première célébration sur la voie qui conduisait à la prêtrise).
Le prédicateur réfère au couronnement d’épines de Jésus et n’hésite pas à rappeler
que chaque prêtre participe à la souffrance du Christ. Cette perspective
n’effraie pas Edouard. En effet, disant la prière de consécration n’avait-il
pas promis ‘qu’il se donnait tout entier à Jésus Christ pour porter sa croix à
sa suite tous les jours de sa vie’ ? Dans son journal nous lisons:
« Ma chère maman Marie, sachant que je serai couronné d’épines, qu’une
lance transpercera mon cœur, que je serai blessé et humilié aussi bien
corporellement que spirituellement… je ne renoncerai pas à ma vocation, mais je
compte sur votre aide maternelle. Faites de moi un autre Christ. Je suis et je
reste tout à vous et tout ce qui m’appartient est à vous… ».
Faites de moi un autre
Christ : il pense aux huit mois écoulés et envisage la Noël qui approche.
Pour marquer ses désirs les plus profonds il décide de renouveler sa
consécration à la fin des 30 jours préparatoires tel que Montfort le suggère
dans son livret. Lors de ce trentain les pages de son journal montrent qu’il
suit consciencieusement les directives de l’auteur. S’adressant à Marie, son
langage devient de plus en plus confidentiel. Il l’appelle avec des surnoms
affectueux tels que ‘ma petite maman chérie’, et ‘mèrke chérie’. Il y a des passages qui montrent qu’une
ambition audacieuse naît dans son cœur : « Maman, ne permettez pas
que je me contente d’une vie médiocre… Couvrez-moi de votre manteau
miséricordieux… Malgré mes défauts, faites de moi un autre Christ… »
L’Avent de 1912
La finale des ses 30 jours coïncide avec la première semaine de l’Avent,
cette année-là du 1ier au 7 décembre. Le 8 décembre 1912, pour la
troisième fois cette année, il décide de se rendre à Montaigu. Avec encore plus
d’appui il reprend le texte de la consécration dont il s’était servi déjà deux
fois en ce lieu de pèlerinage et atteste de nouveau son engagement en y
ajoutant le lieu, la date et sa signature. A ses yeux il s’agit visiblement d’un
acte officiel.
Dans son journal nous constatons que son cœur déborde de confiance :
« Ma bonne et chère maman chérie, écoutez, est-ce que vous vous souvenez
de mon engagement du 25 mars ? Cela fait maintenant presque neuf
mois. Est-ce que vous vous souvenez de
mes prières et de mes désirs ? C’est ce jour que je me suis donné à vous,
ma volonté, mon intelligence, mon cœur… Vous m’avez conçu dans votre sein, moi,
votre nouveau Jésus, afin que j’y sois par l’opération du Saint-Esprit
transformé, que je sois votre vrai fils, grandi en vous et né de vous… Vous me
portez dans votre sein. J’aime tellement vivre en Dieu et voir vivre Dieu dans
les âmes. Vous aussi vous aspirez à la naissance d’un nouveau Jésus… Ma chère
petite maman, le jour approche, bientôt nous nous trouverons à Bethléem. Ma
maman chérie, permettez-moi d’être votre petit Jésus… O maman, quelle belle
Noël en vue ... !»
Puis après
On s’attendrait à une joyeuse fête de Noël, mais nous savons que le
directeur spirituel a refréné l’élan d’Edouard. Lui, extrêmement sensible,
était empêché d’exprimer ses sentiments. Dans son journal nous lisons :
« O mon Dieu, je prends la ferme résolution d’être obéissant à mon
directeur spirituel… ». Jamais il n’a éprouvé une épreuve pareille, elle a
duré tout au long du carême de 1913, mais l’a renforcé et l’a conduit à un âge
adulte. Dans son journal il y a des expressions qui font penser à la croix que,
pour consolider un petit groupe de femmes à l’Hôpital Général à Poitiers,
Montfort avait illustrée : ‘Amour divin’, ‘présence de Dieu’, ‘humilité’,
‘confiance’, ‘amour de Marie’….
![]() |
| Tombeau de l'abbé Poppe à Moerzeke |
Edouard a apprit qu’être Christ de Dieu dans le monde est bien plus que
d’être un beau bébé dans une crèche. Jésus a connu des succès, mais a dû
endurer aussi des oppositions et des souffrances. Encore séminariste, Edouard a
déjà vécu cette expérience. Progressivement, au-delà des épreuves, il a pu dire
avec saint Paul : ce n’est plus moi qui vit, mais le Christ qui vit en
moi. La grâce de Dieu l’a renforcé et il a pu transmettre aux autres cette même
grâce. En renouvelant de jour en jour sa consécration, avec Jésus il est devenu
une ‘hostie vivante’. Lors de la retraite préparatoire à l’ordination dans son
journal nous trouvons en majuscules le mot ‘victimatio’, ‘être offrande’.
Il était prêt à être de jour en jour un sacrifice vivant, saint et agréable à
Dieu. Tout au long de sa courte vie il a renouvelé sa consécration à sa chère
et petite maman et Marie l’a assisté. Ainsi Edouard est devenu fécond bien
au-delà des frontières de la petite commune de Moerzeke.
Frans Fabry
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