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8 mai 2014

1716 - 2016 Petite retraite 1

La joie de l'Evangile: un don, un appel

Petite retraite 1

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La joie de l'Evangile à l'école du pape François et de Montfort


La joie de l’Evangile à l’école du pape François et de Montfort


Bien chers ami(e)s,
Suite à la lettre des trois supérieurs généraux de nos congrégations montfortaines en préparation au Tricentenaire de la mort du Père de Montfort (2016),  nous allons entrer dans une démarche spirituelle particulière et nous tenons à vous mettre au courant. Vous trouverez les explications dans la documentation ci-jointe. Si vous le désirez, vous pouvez participer à ce cheminement spirituel proposé. 

Si vous désirez participer au cheminement spirituel ‘La joie de l’Evangile à l’école du pape François et de Montfort’, vous n’avez qu’à le signaler, chaque mois vous recevrez par mail le feuillet.  

Pour commencer  l’Année Montfort les supérieurs généraux proposent la Pentecôte 2015 (le 24 mai 2015).  Le comité ad hoc vient de nous proposer une démarche personnelle - et éventuelle communautaire - . De notre côté nous proposons de commencer le cheminement entre  la canonisation de Jean-Paul II et la fête de Montfort (les 27 et 28 avril) et avant celle de Marie-Louise (le 7 mai prochain)..  
Si vous désirez participer à cette démarche, il suffit de vous mettre en contact avec le secrétariat du  Père Frans Fabry. Clickez ici

Restons unis par la prière,


Sr Thielens M.-Suzanne, FdlS,  Fr Marcel Ulenaers, SG, et p. Frans Fabry, SMM..

26 avril 2014

Petite méditation: Epigraphe sur la tombe

Epigraphe sur la tombe de Louis-Marie Grignion de Montfort


Que regardes-tu, passant?
Un flambeau éteint,
Un homme
Que le feu de la charité a consumé;
Qui s'est fait tout à tous,
Louis-Marie Grignion de Montfort.
Si tu t'informes
De sa vie, aucune n'a été plus pure,
De sa pénitence, aucune plus austère,
De son zèle, aucun plus ardent,
De sa dévotion envers Marie,
Personne n'a mieux ressemblé à saint Bernard.
Prêtre du Christ,
Sa vie a retracé celle du Christ,
Sa parole a prêché partout le Christ,
Infatigable,
Il ne s'est reposé que dans le cercueil.
Il a été
Le père des Pauvres,
Le défenseur de l'orphelin,
Le réconciliateur des pécheurs,
Sa glorieuse mort a ressemblé à sa vie,
Comme il avait vécu, il cessa de vivre.
Mûr pour Dieu il s'est envolé pour le ciel.
Il mourut le 28 du mois d'Avril
en l'an du Seigneur 1716,
A l'âge de 43 ans.

  • De cette épigraphe c’est surtout cette définition de Montfort qui me touche.
  • “Réconcilier” : aujourd’hui, o St. Louis, je te présente des personnes pour que tu les aides à se réconcilier.
  • A moi, tu me laisses surtout ce message....

Petite méditation: Dialogue avec Blain

LXXX    IL REPOND SOLIDEMENT A TOUTES LES OBJECTIONS QU'ON LUI FAIT CONTRE SA CONDUITE

Je commençai, dans l'entretien, par lui décharger mon cœur sur tout ce que j'avais à dire et entendu dire contre sa conduite et ses manières. Je lui demandai quel était son dessein et s'il espérait trouver jamais des gens qui voulussent le suivre dans la vie qu'il menait ; qu'une vie si pauvre, si dure, si abandonné à la Providence, était pour les Apôtres, pour des hommes d'une force, d'une grâce et d'une vertu rares, pour des hommes extraordinaires, pour lui qui en avait l'attrait et la grâce, mais non pas pour le commun, qui ne pouvait atteindre si haut, et que ce serait témérité de le tenter ; que, s'il voulait s'associer, dans ses desseins et dans ses travaux, d'autres ecclésiastiques, il devait, ou rabattre de la rigueur de sa vie ou de la sublimité de ses pratiques de perfection, pour condescendre à leur faiblesse et se conformer à leur genre de vie ordinaire, ou les faire élever à la sienne par l'infusion de sa grâce et de ses attraits si parfaits.

Montfort et Blain - Livre 'En haute Mer'
A quoi, pour réponse, il me montra son Nouveau Testament et me demanda si je trouvais à redire à ce que Jésus-Christ a pratiqué et enseigné et si j'avais à lui montrer une vie plus semblable à la sienne et à celle de ses Apôtres, qu'une vie pauvre, mortifiée et fondée sur l'abandon à la Providence ; qu'il n'avait point d'autre vue que de la suivre et d'autre dessein que d'y persévérer ; que, si Dieu voulait l'unir à quelques bons ecclésiastiques, dans ce genre de vie, il en serait ravi, mais que c'était l'affaire de Dieu et non la sienne ; que, pour ce qui le regardait, il n'avait point d'autre parti à prendre que celui de l'Evangile, et marcher sur les traces de Jésus-Christ et de ses disciples : "Que pouvez-vous dire contre, ajouta-t-il ; fais-je mal ? ;Ceux qui ne veulent pas me suivre vont par une autre voie moins laborieuse et moins épineuse ; et je l'approuve. Car, comme il y a plusieurs demeures dans la maison du Père céleste, il y a aussi plusieurs voies pour aller à Lui. Je les laisse marcher dans la leur ; laissez-moi marcher dans la mienne ; d'autant plus que vous ne pouvez lui disputer ces avantages : qu'elle est celle que Jésus-Christ a enseignée par son exemple et par ses conseils, qu'elle est, par conséquent, la plus courte, la plus sûre et la plus parfaite pour aller à Lui".

M'ayant ainsi ferma la bouche sur ce point, il ne, tarda pas à me la fermer sur celui qui suit. "Mais où trouverez-vous, lui dis-je, dans l'Evangile, des preuves et des exemples de vos manières singulières et extraordinaires ; pourquoi n'y renoncez-vous pas ? Ou ne demandez-vous pas à Dieu la grâce de vous en défaire? Les rebuts, les contradictions, les persécutions vous suivent partout, parce que vos singularités les attirent ; vous feriez beaucoup plus de bien et vous trouveriez beaucoup plus d'aides et de secours dans vos travaux, si vous pouviez gagner sur vous de ne rien faire d'extraordinaire et de ne point fournir aux libertins et aux mondains, dans vos singularités, des armes contre vous et contre le succès de votre ministère". Alors je lui nommai des personnes d'une sagesse consommée : "Voilà, dis-je, des modèles de conduite, sur lesquels vous devriez vous mouler ; ils ne font point parler d'eux, et vous ne feriez point tant parler de vous, si vous les imitiez ".

Il me répliqua que, s'il avait des manières singulières et extraordinaires, c'était bien contre son intention ; que, les tenant de la nature, il ne s'en apercevait pas, et qu'étant propres pour l'humilier, elles ne lui étaient pas inutiles ; qu'au reste, il fallait s'expliquer sur ce que l'on appelle manières singulières et extraordinaires ; que, si on entendait, par là, des actions de zèle, de charité, de mortification et. d'autres pratiques de vertus héroïques et peu communes, il s'estimerait heureux d'être, en ce sens, singulier, et que, si cette sorte de singularité est un défaut, c'est le défaut de tous les saints ; qu'après tout, on acquérait, à peu de frais, dans le monde, le titre de singulier ; qu'on était sûr de cette dénomination, pour peu qu'on ne voulût pas ressembler à la multitude, ni conformer sa vie sur son goût ; que c'était une nécessité d'être singulier dans le monde, si on veut se séparer de la multitude des réprouvés ; que le nombre des élus étant petit, il fallait renoncer à y tenir place ou se singulariser avec eux, c'est-à-dire mener une vie fort opposée et différente de celle de la multitude.

Il m'ajouta qu'il y avait différentes espèces de sagesse, comme il y en avait
Jean Baptiste Blain
différents degrés ; qu'autre était la sagesse d'une personne de communauté pour se conduire, autre la sagesse d'un missionnaire et d'un homme apostolique; que la première était rien à entreprendre de nouveau, rien qu'à se laisser conduire à la règle et aux usages d'une maison sainte ; que les autres avaient à procurer la gloire de Dieu, aux dépens de la leur, et à exécuter de nouveaux desseins ; qu'il ne fallait donc pas s'étonner si les premiers demeuraient tranquilles, en demeurant cachés, et s'ils ne faisaient point parler d'eux, n'ayant rien de nouveau à entreprendre ; mais que, les seconds, ayant de continuels combats à livrer au monde, au diable et aux vices, avaient à essuyer, de leur part, de terribles persécutions ; et que c'est un signe qu'on ne fait pas grand peur à l'enfer, quand on demeure ami du monde ; que les personnes que je lui proposais comme des modèles de sagesse, étaient du premier génie, personnes qui demeuraient cachés dans leurs maisons et qui les gouvernaient en paix, parce qu'elles n'avaient rien de nouveau à établir, rien qu'à suivre les pas et les usages de ceux qui les avaient précédés ; qu'il n'en était pas de même des missionnaires et des hommes apostoliques ; qu'ayant toujours quelque chose de nouveau à entreprendre, quelqu'œuvre sainte à établir ou à défendre, il était impossible qu'ils ne fissent [pas] parler d'eux et qu'ils eussent les suffrages de tout le monde ; qu'enfin, si on mettait la sagesse à ne rien faire de nouveau pour Dieu, à ne rien entreprendre pour sa gloire, de peur de faire, parler, les Apôtres eussent eu tort de sortir de Jérusalem ; ils auraient dû se renfermer dans le Cénacle ; saint Paul n'aurait pas dû faire tant de voyages, ni saint Pierre tenter d'arborer la croix sur le Capitole et de soumettre à Jésus-Christ la ville reine du monde ; qu'avec cette sagesse, la Synagogue n'eût point remua et n'eût point suscité de persécutions au petit troupeau du Sauveur, mais qu'aussi ce petit troupeau n'eût point crû en nombre et que le monde serait encore aujourd'hui ce qu'il était alors, idolâtre, perverti, corrompu en ses mœurs et en ses maximes, au souverain degré.

Je lui dis encore qu'on l'accusait de faire tout à sa tête ; qu'il valait bien mieux faire moins de bien et le faire avec dépendance, consulter les supérieurs et ne rien entreprendre sans leur ordre ou sans leur permission. Il convint de la maxime, en ajoutant qu'il croyait la suivre, en tout ce qu'il pouvait, et qu'il serait bien fâché de faire rien à sa tête ; mais qu'il y avait des occasions et des rencontres imprévues et subites où il n'était pas possible de prendre les avis ou les ordres des supérieurs ; qu'il suffisait, en ces cas, de ne vouloir rien faire qu'on ne croie devoir leur plaire et mériter leur approbation, et être disposé à leur obéir au moindre signe de leur volonté ; qu'au reste, il arrivait que des œuvres, commencées avec le consentement des supérieurs, n'avaient pas quelquefois, à la fin, leur agrément, soit parce qu'ils étaient prévenus par des gens mal intentionnés et indisposés par de faux rapports, soit qu'ils écoutaient les bruits du monde et le jugement de ses sages qui ne sont presque jamais favorables aux œuvres saintes ; qu'alors il n'y /339/ avait point d'autre parti que de se soumettre aux ordres de la Providence et recevoir, de bon cœur, les croix et les persécutions, comme la couronne et la récompense de ses bonnes intentions ; qu'enfin il était persuadé que l'obéissance étant la marque certaine de la volonté de Dieu, il ne fallait jamais s'en écarter ; mais que sa conscience ne lui faisait point de reproches sur ce sujet et qu'il était, en tout temps et en toutes rencontres, dans la disposition d'obéir et de ne rien faire qu'avec l'agrément des supérieurs ; mais qu'il ne pouvait pas empêcher les faux rapports, les médisances, les calomnies, les traits d'envie et de jalousie que l'homme ennemi savait bien faire passer jusqu'à eux, pour les indisposer à son égard et mettre, en leur esprit, sa personne et ses services au décri.

Je lui fis plusieurs autres objections que je croyais sans réplique, mais il y satisfit avec des paroles si justes, si concises et si animées de l'Esprit de Dieu, que je demeurais étonné qu'il me fermât la bouche sur tout ce que je /340/ croyais devoir la lui fermer.


    ° Moi aussi comme ton amis Blain, je suis frappé par ton originalité, parce que...
     ° Tes austérités et tes pénitences corporelles me créent des difficultés....

     °Aujourd’hui, tu tires encore de ta besace ton évangile et tu me dis...

20 avril 2014

Petite méditation sur la lettre 26 de Montfort

Lettre 26

Vive Jésus, vive sa Croix.

Si vous saviez mes croix et mes humiliations par le menu, je doute si vous désireriez si ardemment de me voir; car je ne suis jamais dans aucun pays que je ne donne un lambeau de ma croix à porter à mes meilleurs amis, souvent malgré moi et malgré eux.  Aucun ne me peut soutenir et n'ose se déclarer pour moi qu'il n'en souffre, et quelquefois qu'il ne tombe sous les pieds de l'enfer que je combats, du monde que je contredis, de la chair que je persécute.  Une fourmilière de péchés et de pécheurs que j'attaque ne me laisse, ni à aucun des miens, aucun repos.  Toujours sur le qui-vive, toujours sur les épines, sur les cailloux piquants, je suis comme une balle dans un jeu de paume: on ne l'a pas sitôt poussée d'un côté qu'on la pousse de l'autre, en la frappant rudement. C'est la destinée d'un pauvre pécheur. C'est ainsi que je suis sans relâche et sans repos, depuis treize ans que je suis sorti de Saint-Sulpice.

     Cependant, ma chère sœur, bénissez-en Dieu pour moi, car je suis content et joyeux au milieu de toutes mes souffrances, et je ne crois pas qu'il y ait au monde rien de plus doux pour moi que la croix la plus amère, quand elle est trempée dans le sang de Jésus crucifié et dans le lait de sa divine Mère. Mais, outre cette joie intérieure, il y a grand profit à faire en portant les croix. Je voudrais que vous vissiez les miennes. Je n'ai jamais plus fait de conversions qu'après les interdits les plus sanglants et les plus injustes.  Courage, ma très chère sœur, portons tous trois notre croix aux deux extrémités du Royaume. Portez-la bien de votre côté, je tâcherai de la bien porter du mien, avec la grâce de Dieu, sans nous plaindre, sans murmurer, sans vous décharger, sans vous excuser, même sans pleurer comme de petits enfants qui versent des larmes et se plaindraient de ce qu'on leur donnerait cent livres d'or à porter, ou comme un laboureur qui se désespérerait de ce qu'on aurait couvert son champ de louis d'or pour le rendre riche.

  • Montfort se définit “une balle dans un jeu de paume”. Il me semble que...
  • “Je suis content et joyeux au milieu de toutes mes souffrances”. Puis-je confirmer ces mots-là....
  • Cher Louis-Marie, j’ai lu la lettre que tu as écrit à ta soeur......

2 mars 2014

Tricentenaire de la mort de Montfort

Logo du tricentenaire de la mort de Montfort - Clickez sur l'image pour le site du tricentenaire

23 février 2014

Petite méditation: L'Oratoire du coeur de Marie Louise

L’ORATOIRE DU CŒUR DE MARIE LOUISE

Mon aimable Jésus, faites-moi la grâce de mettre en pratique ce que vous avez la bonté de m'inspirer, qui est de travailler à faire au dedans de moi un oratoire pour vous lo­ger. Cher Sauveur de mon âme, aidez-moi de votre secours, car je ne suis que faiblesse. Hélas ! qu'elle est grande, que le poids de mes infirmités est accablant ! Ayez-en compassion, mon aimable Jésus ! L'humilité sera le fondement de cet édifice et, pour cet effet, toutes les petites humiliations qui se présenteront, je les recevrai avec le secours de votre sainte grâce, avec patience, sans me plaindre à personne, et souhaiterai bien que ce fût avec joie. Je l'espère de votre bonté, afin que le pavé de cet Oratoire soit de plus en plus embelli et orné de cette chère et héroïque vertu. Je me regarderai toujours comme étant indigne d'être parmi les épouses de Jésus-Christ.

Il y aura quatre colonnes à ce petit oratoire :

  • La première sera l'Obéissance.
  • La seconde, le détachement de toutes les créatures.
  • La troisième sera l'amour des souffrances.
  • La quatrième sera la Prudence.
L'Oratoire de Marie Louise - Saint-Laurent-sur-Sèvre
J'espère, avec la grâce de Dieu, pour embellir cette chère colonne de l'obéissance, quand on me commandera, obéir comme un enfant sans répliques, sans raisonnement, et je céderai et ferai, avec joie et soumission, ce qu'on m'ordonnera. S'il m'arrive d'y manquer, je ferai un acte de contrition les bras en croix.

A la colonne du détachement de toutes créatures, je travaillerai, autant qu'il me sera possible, à ne point laisser surprendre mon cœur à tout ce qui est terrestre, et à veiller exactement, avec la grâce de Dieu, sur tous ses mouvements et respirations, afin qu'ils soient tous pour mon aimable Jésus. Je travaillerai à mourir à toutes les créatures, surtout à moi, et à faire mourir en moi le vieil homme pour avoir le bonheur d'être, entièrement et sans partage, unie à Dieu seul. Je ne m'attacherai à rien et n'aurai aucune attache à mes dévotions, prête avec la grâce de Dieu, à en être privée, si mon confesseur me défend de communier ou de faire autres dévotions. Je n'y veux avoir aucune attache, et s'il m'arrive que ce pauvre cœur ait le malheur de s'attacher à aucune chose terrestre de propos délibéré, je dirai un Veni Creator, les bras en croix.

A la colonne de l'amour des souffrances je recevrai, toujours aidée, comme je l'espère, de la grâce de Dieu, avec soumission, toutes les croix qui me seront présentées par les mains de mon aimable Jésus, qui voudra bien m'honorer de ce qu'il a de plus précieux, dont il fait présent à ceux qui l'aiment de tout leur cœur, et de ne me plaindre à personne des petites contradictions, mépris et souffrances, et de n'avoir recours, dans les états de désolation et d'affliction où la nature se trouvera, qu'à Dieu seul ; ou si je suis obligée de les faire connaître, je ne le ferai connaître qu'à mon confesseur, et encore de le faire succinctement, et de me défier toujours de mon amour-propre qui est si ingénieux à trouver en tout sa consolation. Si par malheur je ne portais pas avec patience les croix, j'en ferais pénitence en portant une ceinture piquante pendant cinq heures, en l'honneur des cinq plaies de Notre Seigneur.

A la colonne de la Prudence, afin de la rendre plus agréable aux yeux de Dieu, je veillerai avec la dernière exactitude sur mon intérieur et mon extérieur, sur mes regards, sur mes paroles, sur mes pensées, sur mes désirs, sur mes inclinations, sur mes démarches, enfin sur toutes mes actions, afin que tout soit réglé selon l'esprit de Jésus-Christ et pour la plus grande gloire de Dieu. Je reprendrai toutes mes sœurs, avec une grande douceur et fermeté. Je vous la demande, mon aimable Jésus, cette grande douceur, afin d'imiter, en quelque manière, celle que vous avez eue jusqu’'aujourd'hui à me supporter avec une patience infinie dont je vous remercie de tout mon cœur. Si j'ai le malheur de m'écarter de cette grande vertu de la prudence, je ne manquerai pas d'en faire pénitence, en portant pendant trois heures des bracelets piquants à chaque fois que j'y manquerai. Quelle joie et quelle consolation ne recevra point mon âme, si à la fin de la journée, en visitant ces chères colonnes intérieures, j'étais assez heureuse de pouvoir y apercevoir que je n'aurais rien négligé pour les rendre de plus en plus agréables aux yeux de Dieu.

Les rideaux spirituels attachés à ce tabernacle seront la piété, les vergettes pour tenir les rideaux seront la fermeté, pour entreprendre tout le bien que Dieu demandera de moi. Les boucles seront la vigilance pour remplir tous mes devoirs, la couverture de ce tabernacle sera la douceur, et pour obtenir cette chère vertu je veillerai avec la dernière exactitude sur ma langue, afin qu'elle ne dise aucune parole avec vivacité et veillerai aussi sur mon cœur, afin que, s'il élevait quelques mouvements d'impatience, de les arrêter avec le secours du Saint-Esprit, qui ne repose que sur un cœur humble et contrit. S'il m'arrive de faire quelque faute sur cette vertu de douceur, j'en ferai pénitence en me levant la nuit pour faire un quart d'heure d'amende honorable avec la corde au cou. Je ne ferai aucune de ces pénitences qu'avec la permission de mon confesseur. Oh ! quel bonheur de pouvoir par toutes ces petites pratiques faire une demeure qui puisse plaire à Dieu. Pour loger mon Dieu, quelle consolation pour toi mon âme de travailler à ce grand ouvrage de ma perfection... Quel avantage si tu mets en pratique ces résolutions que tu prends. Je l'espère, mon divin Jésus, de votre bonté infinie et je suis résolue, avec le secours de votre sainte grâce, de l'exécuter avec la dernière fidélité.

Pour la réflexion

°Quelle est-ce la place dans ma vie quotidienne de ces quatre parole-colomnes.

° Dans le dernier paragraphe il y a une liste de vertus grace auxquelles je suis confronté chaque jour.Est-ce qu’elles stimulent ma vie?

° A-t-il encore une place pendant ma journée l’examen de conscience.....comment je le vis?

8 février 2014

Petite méditation: Testament de Marie Louise

Marie Louise Trichet
Au nom de notre Seigneur Jésus-Christ, étant sur le point de rendre compte à mon Créateur de la manière dont je me suis conduite à l'égard des Filles de la Sagesse dont j'ai eu le bonheur de porter la première l'habit, et voyant clairement se vérifier tout ce que M. de Montfort m'avait dit que je serais un jour à la tête d'une nombreuse communauté et qu'on verrait dans la suite des temps une pépinière de Filles de la Sagesse, je me crois obligée de leur recommander à toutes présentes et à venir de ne s'écarter jamais de l'esprit primitif de notre saint fondateur qui est un esprit d'humilité, de pauvreté, de détachement, de charité, d'union les unes avec les autres.

Je leur recommande en outre, au nom de notre Seigneur Jésus-Christ, d'avoir toujours une dépendance sans réserve de la communauté établie à St-Laurent-sur-Sèvre, de la regarder comme le chef-lieu de toute la congrégation, d'en regarder la supérieure et toutes celles qui lui succéderont en cette charge comme leur supérieure générale; de respecter et obéir au supérieur des missionnaires du St-Esprit aussi fondés par M. de Montfort, et à ses successeurs dans la même place, comme celui qui leur a été donné par lui pour y gouverner généralement et maintenir la vigueur de la règle dans toute la congrégation; d'avoir du respect et de la reconnaissance pour celui des missionnaires qui aura la charité de tenir la place de confesseur aux Filles de la Sagesse. Ce faisant, elles seconderont mes désirs, elles feront ce que Dieu m'a fait la grâce de pratiquer pendant que j'ai été sur la terre et elles accompliront la dernière volonté d'une mère qui les a toujours aimées, qui les aime encore et qui les aimera et ne les oubliera point après sa mort.

Ne pouvant écrire moi-même tout au long mes susdites présentes volontés, à raison de ma grande faiblesse, je les ai fait mettre sur le papier par la Sr Honorée, maîtresse des novices, et les ai signées de ma main.
A Saint-Laurent, le 25e jour d'avril 1759.

Marie-Louise de Jésus, supérieure générale.

Pour la réflexion

° Qu’est-ce que c’est pour moi aujourd’hui le “esprit primitif de nos fondateurs”.

°comment j’écoute ces paroles-ci: esprit de humilité, de pauvreté, de détachement, de charité, de union....

°comment je vois aujourd’hui que nos fondateurs ne nous oublient pas.

12 janvier 2014

Petite méditation: Vraie Dévotion 34 - 36

Père de Montfort

34. Dieu le Saint-Esprit veut se former en elle et par elle des élus et il lui dit: In electis meis mitte radices. Jetez, ma bien-aimée et mon Epouse, les racines de toutes vos vertus dans mes élus, afin qu'ils croissent de vertu en vertu et de grâce en grâce. J'ai pris tant de complaisance en vous, lorsque vous viviez sur la terre dans la pratique des plus sublimes vertus, que je désire encore vous trouver sur la terre, sans cesser d'être dans le ciel. Reproduisez-vous pour cet effet dans mes élus: que je voie en eux avec complaisance les racines de votre foi invincible, de votre humilité profonde, de votre mortification universelle, de votre oraison sublime, de votre charité ardente, de votre espérance ferme et de toutes vos vertus. Vous êtes toujours mon Epouse aussi fidèle, aussi pure et aussi féconde que jamais: que votre foi me donne des fidèles; que votre pureté me donne des vierges, que votre fécondité me donne des élus et des temples.

35. Quand Marie a jeté ses racines dans une âme, elle y produit des merveilles
Chapelle Montfort - St Laurent-s-Sèvre
de grâces qu'elle seule peut produire parce qu'elle est seule la Vierge féconde qui n'a jamais eu ni n'aura jamais sa semblable en pureté et en fécondité. Marie a produit, avec le Saint-Esprit, la plus grande chose qui ait été et sera jamais, qui est un Dieu-Homme, et elle produira conséquemment les plus grandes choses qui seront dans les derniers temps. La formation et l'éducation des grands saints qui seront sur la fin du monde lui est réservée; car il n'y a que cette Vierge singulière et miraculeuse qui peut produire, en union du Saint-Esprit, les choses singulières et extraordinaires.

36. Quand le Saint-Esprit, son Epoux, l'a trouvée dans une âme, il y vole, il y entre pleinement, il se communique à cette âme abondamment et autant qu'elle donne place à son Epouse; et une des grandes raisons pourquoi le Saint-Esprit ne fait pas maintenant des merveilles éclatantes dans les âmes, c'est qu'il n'y trouve pas une assez grande union avec sa fidèle et indissoluble Epouse. Je dis: indissoluble Epouse, car depuis que cet Amour substantiel du Père et du Fils a épousé Marie pour produire Jésus-Christ, le chef des élus et Jésus-Christ dans les élus, il ne l'a jamais répudiée, parce qu'elle a toujours été fidèle et féconde.

Pour la réflexion

       ° Je sens que l’Esprit Saint et Marie ont mis les racines en
          Moi. En effet....
       °  (n.35) Je vois l’œuvre de l’Esprit Saint et de Marie dans
          Ces personnes:
       ° (n.34) Vraiment, tu “reproduis” en moi.....

7 décembre 2013

Petite méditation: Le Secret de Marie 70 - 78

L’arbre de Vie.
Secret de Marie 70-78

La culture et l'accroissement de l'arbre de Vie
autrement la manière de faire vivre et régner Marie dans nos âmes.

[1. Le Saint Esclavage d’amour. Arbre de vie.]

70.  Avez-vous compris, âme prédestinée, par l’opération du Saint-Esprit, ce que je viens de dire ? Remerciez-en Dieu ! C’est un secret inconnu de presque tout le monde.  Si vous avez trouvé le trésor caché dans le champ de Marie, la perle précieuse de l’Evangile, il faut tout vendre pour l’acquérir ; il faut que vous fassiez un sacrifice de vous-même entre les mains de Marie, et vous perdre heureusement en elle pour y trouver Dieu seul. Si le Saint-Esprit a planté dans votre âme le véritable Arbre de vie, qui est la dévotion que je viens de vous expliquer, il faut que vous apportiez tous vos soins à le cultiver, afin qu’il donne son fruit en son temps.  Cette dévotion est le grain de sénevé dont il est parlé dans l’Evangile, qui étant, ce semble, le plus petit de tous les grains, devient néanmoins bien grand et pousse sa tige si haut que les oiseaux du ciel, c’est-à-dire les prédestinés, y font leur nid et y reposent à l’ombre dans la chaleur du soleil et s’y cachent en sûreté contre les bêtes féroces.

[2. La manière de le cultiver.] Voici, âme prédestinée, la manière de le cultiver :

Arbre de Vie - Chagall
71.  1º Cet arbre, étant planté dans un cœur bien fidèle, veut être en plein vent, sans aucun appui humain ; cet arbre, étant divin, veut toujours être sans aucune créature qui pourrait l’empêcher de s’élever vers son principe, qui est Dieu.  Ainsi, il ne faut point s’appuyer de son industrie humaine ou de ses talents purement naturels, ou du crédit et de l’autorité des hommes : il faut avoir recours à Marie et s’appuyer [sur] son secours.

72.  2º Il faut que l’âme, où cet arbre est planté, soit sans cesse occupée comme un bon jardiner, à le garder et regarder. Car cet arbre, étant vivant et devant produire un fruit de vie, veut être cultivé et augmenté par un continuel regard et contemplation de l’âme ; et c’est l’effet d’une âme parfaite d’y penser continuellement et d’en faire sa principale occupation.

73.  Il faut arracher et couper les chardons et les épines qui pourraient suffoquer cet arbre avec le temps ou l’empêcher d’apporter son fruit : c’est-à-dire qu’il faut être fidèle à couper et trancher, par la mortification et violence à soi-même, tous les plaisirs inutiles et vaines occupations avec les créatures, autrement crucifier sa chair, et garder le silence et mortifier ses sens.

74.  3º Il faut veiller à ce que les chenilles ne l’endommagent point. Ces chenilles sont l’amour-propre de soi-même et des ses aises, qui mangent les feuilles vertes et les belles espérances que l’Arbre avait du fruit : car l’amour de soi-même et l’amour de Marie ne s’accordent aucunement.

75.  4º Il ne faut pas laisser les bêtes en approcher. Ces bêtes sont les péchés, qui pourraient donner la mort à l’Arbre de vie par leur seul attouchement : il ne faut même pas que leur haleine donne dessus, c’est-à-dire les péchés véniels, qui sont toujours très dangereux si on ne s’en fait point de peine…

76.  5º Il faut arroser continuellement cet arbre divin, de ses communions, ses messes et autres prières publiques et particulières ; sans quoi cet arbre cesserait de porter du fruit.

77.  6º Il ne faut pas se mettre en peine s’il est soufflé et secoué du vent, car il est nécessaire que le vent des tentations le souffle pour le faire tomber, que les neiges et les gelées l’entourent pour le perdre ; c’est-à-dire que cette dévotion à la Sainte Vierge sera nécessairement attaquée et contredite ; mais pourvu qu’on persévère à le cultiver, il n’y a rien à craindre.

[3. Son fruit durable : Jésus-Christ.]

78.  Ame prédestinée, si vous cultivez ainsi votre Arbre de vie nouvellement planté par le Saint-Esprit en votre âme, je vous assure qu’en peu de temps il croîtra si haut que les oiseaux du ciel y habiteront, et il deviendra si parfait qu’enfin il donnera son fruit d’honneur et de grâce en son temps, c’est-à-dire l’aimable et l’adorable Jésus qui a toujours été et qui sera l’unique fruit de Marie. Heureuse une âme en qui Marie, l’Arbre de vie, est plantée ; plus heureuse celle en qui elle est accrue et fleurie ; très heureuse, celle en qui elle porte son fruit ; mais la plus heureuse de toutes est celle qui goûte et conserve son fruit jusqu’à la mort et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il. Qui tenet, teneat.
   
Pour la réflexion
  • Les actions de l’Esprit Saint que j’ai découvert dans ma vie.
  • Je crois que pour moi aujourd’hui “les chardons et les épines qui peuvent étouffer mon arbre, sont….
  • Vraiment, je goute le Fruit de l’arbre de vie quand….

1 décembre 2013

Petite méditation: Prière Embrasée n° 25

25.  Vous seul, comme le Roi des cieux et le Roi des rois, séparerez du commun ces missionnaires comme autant de rois pour les rendre plus blancs que la neige sur la montagne de Selmon, montagne de Dieu, montagne abondante et fertile, montagne forte et coagulée, montagne dans laquelle Dieu se complait merveilleusement et dans laquelle il demeure et demeurera jusqu'à la fin. 

Qui est, Seigneur, Dieu de vérité, cette mystérieuse montagne dont vous nous dites tant de merveilles, sinon Marie, votre chère Epouse, dont vous avez mis les fondements sur les cimes des plus hautes montagnes: Fundamenta ejus in montibus sanctis. Mons in vertice montium. 

Heureux et mille fois heureux les prêtres que vous avez si bien choisis et prédestinés pour demeurer avec vous sur cette abondante et divine montagne, afin d'y devenir des rois de l'éternité par leur mépris de la terre et leur élévation en Dieu, afin d'y devenir plus blancs que la neige par leur union à Marie, votre Epouse toute belle, toute pure et toute immaculée, afin de s'y enrichir de la rosée du ciel et de la graisse de la terre, de toutes les bénédictions temporelles et éternelles dont Marie est toute remplie. 

C'est du haut de cette montagne [que], comme des Moïse, ils lanceront par leurs ardentes prières des traits contre leurs ennemis pour les terrasser ou convertir. 

C'est sur cette montagne où ils apprendront de la bouche même de Jésus-Christ, qui y demeure toujours, l'intelligence de ses huit béatitudes. 

C'est sur cette montagne de Dieu qu'ils seront transfigurés avec lui comme sur le Thabor, qu'ils mourront avec lui comme sur le calvaire et qu'ils monteront au ciel avec lui comme sur la montagne des Oliviers.

Pour la réflexion

°Je suis déjà monté sur une montagne. Je me rappelle   que....

° Marie est la montagne que Dieu a choisi. Je souligne l’attention particulière que Dieu a mnifesté vers Marie, en soulignant les verbes employés par Montfort.

° il ya bien une différence entre visiter et demeurer, entre monter sur une montagne et demeurer sur la montagne.....

23 novembre 2013

Petite méditation: Le Secret de Marie n° 55 - 56

Nous lisons dans 'Secret de Marie' n° 55-56
ce que le Père de Montfort a écrit:

55.  Cette dévotion, fidèlement pratiquée, produit une infinité d'effets dans l'âme. Mais le principal don que les âmes possèdent, c'est d'établir ici-bas la vie de Marie dans une âme, en sorte que ce n'est plus l'âme qui vit, mais Marie en elle, ou l'âme de Marie devient son âme, pour ainsi dire. Or, quand par une grâce ineffable, mais véritable, la divine Marie est Reine dans une âme, quelles merveilles n'y fait-elle point?  Comme elle est l'ouvrière des grandes merveilles, particulièrement à l'intérieur, elle y travaille en secret, à l'insu même de l'âme qui, par sa connaissance détruirait la beauté de ses ouvrages...

56.  Comme elle est partout Vierge féconde, elle porte dans tout l'intérieur où elle est la pureté de cœur et de corps, la pureté en ses intentions et ses desseins, la fécondité en bonnes œuvres.  Ne croyez pas, chère âme, que Marie, la plus féconde de toutes les créatures, et qui est allée jusqu'au point de produire un Dieu, demeure oiseuse en une âme fidèle. Elle la fera vivre sans cesse en Jésus-Christ, et Jésus-Christ en elle. Filioli mei, quos iterum parturio donce formetur Christus in vobis (Gal 4,19), et si Jésus-Christ est aussi bien le fruit de Marie en chaque âme en particulier que par tout le monde en général, c'est particulièrement dans l'âme où elle est que Jésus-Christ est son fruit et son chef-d’œuvre.

Pour la réflexion

°La parole “secret” a en soi quelque chose de mistérieux, mais en meme temps précieux, que je cherche. Marie est un secret...

°La vie de Marie en moi. Quelles sont-elles les trace s que j’aperçois.

°Je raconte mon expérience de consécration à Jésus par le mains de Marie.

17 novembre 2013

Petite méditation - Oeuvres complète p. 406

Prière à la fin de la troisième méthode pour réciter le rosaire. (OC. pg. 406)

Oraison à la sainte Vierge. 
Je vous salue Marie, Fille très aimable du Père éternel, Mère admirable du Fils, Epouse très fidèle du Saint Esprit, Temple auguste de la très Sainte Trinité. Je vous salue Souveraine Princesse, à qui tout est soumis ai Ciel et sur la Terre. Je vous salue Refuge assuré des pécheurs, Notre Dame de miséricorde qui n’avez jamais rebuté personne, tout pécheur que je me jette à vos pieds, et je vous pile de m’obtenir du bon Jésus, votre cher Fils, la contrition et le pardon de tous mes péchés, avec la divine Sagesse. Je me consacre tout à vous avec tout ce que j’ai. Je vous prends aujourd’hui pour ma Mère et ma Maîtresse; traitez-moi donc comme le dernier de vos enfants, et le plus soumis de vos serviteurs : Écoutez, ma Princesse, écoutez les soupirs d’un cœur qui désire vous aimer et servir fidèlement. Qu’il ne soit pas dit, que de tous ceux qui ont eu recours à vous, j’en ai été le premier abandonné! O mon espérance! O ma vie! O ma fidèle et Immaculée Vierge Marie! exaucez-moi, défendez-moi, nourrissez-moi, instruisez-moi, sauvez-moi.
Ainsi soit-il.

Pour la réflexion:
  • Je souligne les adjéctifs et les sostantifs que Montfort attribue à Marie.
  • Marie m’écoute maintenant, elle me protège, elle m’instruit. Quand est-ce que je ressens cela dans ma vie?
  • Ma chère Marie, je prend le stylo et je t’écris.

29 septembre 2013

Être brasier d’amour là où tu es

Georges Madore, smm

Être brasier d’amour là où tu es


Voici le texte de la conférence de Georges Madore, smm,
faite samedi le 10/8/2013
pendant la Rencontre Internationale à Saint-Laurent-sur-Sèvre.




Dans son beau livre intitulé «Où cours-tu? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi?», Christiane Singer écrit:
Dans notre univers contemporain et carcéral, voué entier au mercantilisme et à l’insignifiance, ce qu’il s’agit à tout prix (vraiment à tout prix) d’éviter, c’est la profondeur et l’intensité. Tout est mis en place, construit, inventé, dressé, produit, distribué pour détourner de l’amour et servir de rempart à son rayonnement incendiaire.

Ce n’est pas, bien sûr, l’amour qui s’en trouve menacé. Ce qui est menacé, c’est notre faculté d’aimer. (...) Notre société ne parviendra pas plus à extirper l’amour de la Création qu’à éteindre la Voie lactée, mais elle réussira bel et bien à s’extirper elle-même. Ce qui est menacé, c’est notre participation au concert, non le concert. (...) En réduisant le champ vibratoire de l’amour dans nos vies, c’est nous-mêmes que nous expulsons hors du domaine des Vivants.
            (pages 49-50)

I. AUX RACINES DE L’AMOUR
            Nous, humains du 21ème siècle sommes toujours tentés de commencer par l’action car souvent nous n’estimons que l’action. Pour nous, aimer, c’est d’abord, et parfois exclusivement agir. Nous oublions alors que l’action est un fruit qui ressemblera à l’arbre qui le porte. «On ne peut cueillir de bons fruits sur un mauvais arbre» dit Jésus.. Il nous faut aller aux racines même de l’agir qui feront que cet agir sera fruit de l’amour ou fruit de l’indifférence ou de l’égoïsme.

Les yeux, le cœur, les mains et les pieds
            En poursuivant la comparaison de l’arbre, on pourrait dire que les racines profondes de l’amour sont les yeux ou le regard, que ses branches et sa sève sont l’émotion – ce qui émeut, ou met en mouvement- et enfin le fruit en est l’action.

            C’est exactement ce mouvement que l’on voit dans l’Évangile. Ainsi, dans saint Luc, en voyant la veuve qui va enterrer son fils unique, Jésus voit, puis est bouleversé, puis il agit (Luc 7, 11-13)

“11 Et il advint ensuite qu’il se rendit dans une ville appelée Naïn. Ses disciples et une foule nombreuse faisaient route avec lui. 12  Quand il fut près de la porte de la ville, voilà qu’on portait en terre un mort, un fils unique dont la mère était veuve; et il y avait avec elle une foule considérable de la ville. 13  En la voyant, le Seigneur fut saisi de pitié pour elle et lui dit: "Ne pleure pas." 14  Puis, s’approchant, il toucha le cercueil, et les porteurs s’arrêtèrent. Et il dit: "Jeune homme, je te le dis, lève-toi." 15  Et le mort se dressa sur son séant et se mit à parler. Et il le remit à sa mère.” (Luc 7:11-15 JER)

De même, Marc raconte:

“32 Les disciples et Jésus partirent donc dans la barque vers un lieu désert, à l’écart. 33  Les voyant s’éloigner, beaucoup comprirent, et de toutes les villes on accourut là-bas, à pied, et on les devança. 34  En débarquant, il vit une foule nombreuse et il en eut pitié, parce qu’ils étaient comme des brebis qui n’ont pas de berger, et il se mit à les enseigner longuement. 35  L’heure étant déjà très avancée, ses disciples s’approchèrent et lui dirent: "L’endroit est désert et l’heure est déjà très avancée; 36  renvoie-les afin qu’ils aillent dans les fermes et les villages d’alentour s’acheter de quoi manger." 37  Il leur répondit: "Donnez-leur vous-mêmes à manger." Ils lui disent: "Faudra-t-il que nous allions acheter des pains pour deux cents deniers, afin de leur donner à manger?"” (Marc 6:32-37 JER)

Voyons donc ces trois mouvements de l’amour: voir, être ému, agir, ou pour référer à notre corps par lequel s’exprime l’amour: les yeux, le cœur, puis les mains et les pieds.

            1. Les yeux. Il faut d’abord changer notre regard sur l’autre. Il faut convertir notre regard si l’on veut que nos gestes aussi soient convertis. Convertir son regard, c’est entrer dans le regard que le Christ portait sur les autres. Le Christ voyait dans les autres non pas des riches ou des pauvres, des pécheurs ou des riches, des vieux ou des jeunes. Il voyait dans les autres des enfants de Dieu, mais des enfants souvent égarés ou blessés. La femme adultère n’est pas une pécheresse qu’il faut éliminer, mais une pauvre brebis qui a cherché la vie et le bonheur du mauvais côté. Zachée n’est pas un mauvais riche à mépriser, mais un homme blessé qui cherche sa guérison en accumulant les biens et en prouvant son pouvoir. Donc, la première question à me poser si je veux aimer n’est pas «qu’est-ce que je vais faire», mais «comment est-ce que je vois l’autre et les autres»

            2. Le cœur Dans les deux récits que nous avons vu plus haut, les évangélistes soulignent que le Christ est ému, saisi. Le verbe employé «splanknisômaï» vient du mot splankna: entrailles. C’est une émotion très intense qui engage tout l’être. Luc emploiera le même verbe pour décrire ce qui se passe dans deux personnages de parabole: le bon samaritain est ému, bouleversé, en voyant l’état de l’homme à demi-mort sur le chemin de Jéricho. Le père du jeune fils est bouleversé en voyant son fils revenir à la maison.

            Être ému, bouleversé, c’est se laisser atteindre par l’autre au plus intime de soi-même. Ainsi, le Christ se laisse rejoindre et toucher par la veuve de Naïn, et ensuite, il touche le cercueil de son fils.

            3. Les mains et les pieds Une fois que le regard de Jésus s’est posé sur l’autre à travers mon propre regard, une fois que j’ai laissé l’autre m’atteindre, que l’émotion a mis mon être en mouvement, l’a mobilsé, alors, l’action germe tout naturellement. Je sentirai en moi une nécessité d’agir. Le regard et l’émotion porteront fruit dans l’action. Quelle action? Prenons comme exemple la parabole du bon samaritain. Contrairement au prêtre et au lévite, le samaritain sait voir à la manière de Dieu. Il sait être ému à la manière de Dieu. Et enfin, je dirais, il agit... à la manière humaine, c’est-à-dire avec ce qu’il a: de l’huile et du vin! Il faut toujours savoir agir avec ce qu’on est et ce qu’on a. Si j’attend d’être un docteur en sociologie ou en psychologie, ou d’avoir amassé une fortune permettant d’établir une ONG, je n’agirai jamais. J’agis avec ce que je suis (Exemple du Père Guindon sur le pont...)

Je cite ici encore Christiane Singer:
Chaque geste que tu fais peut t’ouvrir ou te fermer une porte. Chaque mot que bredouille un inconnu peut être un message à toi adressé. À chaque instant, la porte peut s’ouvrir sur ton destin et par les yeux de n’importe quel mendiant, il peut se faire que le ciel te regarde. L’instant où tu t’es détourné, lassé, aurait pu être celui de ton salut. Tu n e sais jamais.  Chaque geste peut déplacer une étoile.
Cette certitude que tout, aussi minime en apparence et à chaque instant, puisse être relié à la face cachée du monde, transforme radicalement la vie. Le brouillard de l’insignifiance est levé. (page 45)

II. UNE QUALITÉ FONDAMENTALE DE L’AMOUR: LE RÉALISME
            Tentation constante de ne pas aimer l'autre, mais une image qu'on s'est faite, un idéal... Mais la première qualité de l'amour, c'est d'être réaliste, c’est-à-dire d’aimer celui ou celle qui est là devant moi, et non une image que je me fais de l’autre.  Exemple de Rachel qui lit un roman Arlequin racontant l'amour passionné d'un comte Henri de Neuville et de la petite Lison. Elle marie un homme, appelé Henri, mais attend de lui ce que le comte donnait à Lison! Quand on demande à quelqu'un ce qu'il ne peut donner, cela nous empêche de recevoir ce qu'il peut offrir! Si un homme demande à son épouse de lui donner ce que sa mère lui a donné, il risque d'être déçu.

            Dans l'Évangile: jeudi-saint, Jésus dit: «Un de vous me trahira.» Pierre, tout de suite: «Pas moi, Seigneur, jamais!» Jésus dit: «Pierre, je te connais: tu es faible. Avant que le coq puisse chanter une fois, tu vas avoir eu le temps de me trahir trois fois. Mais par la suite, on se rencontrera à nouveau, et on continuera à marcher ensemble.» Amour réaliste de Jésus: ne se fait aucune illusion sur Pierre, mais l'aime dans sa faiblesse. Amour réaliste du Christ pour moi...

«L'amour sans vérité est illusion, la vérité sans amour est condamnation.»

III. LES RISQUES DE L’AMOUR
            Aimer, c’est dangereux, on court des risques quand on aime: risque d’être exploité, de souffrir, d’être incompris, d’être déçu. Mais le plus grand risque, c’est de ne pas aimer, car alors on passe à côté de la vie. L’être humain est fait pour aimer et porte en lui la marque de Dieu, qui est Amour. Oui, ne pas aimer, c’est passer à côté de la vie.

            Exemple de la grande-tante Rébecca. Elle et sa voisine Mme Hurtubise gagnent le premier prix pour avoir tricoté une couverture de bébé. Rébecca donne la sienne à sa petite fille qui en fait son doudou, couche avec tous les soirs, l’use à la corde. Mme Hurtubise elle, garde la sienne jalousement, dans le fond de son tiroir, mais découvre un jour qu’elle est rongée par les mites! Nous n’avons pas le choix: notre vie s’use, rongée par la vieillesse et la maladie. Mais nous avons un choix, un seul: comment ma vie s’use: pour moi tout seul, ou pour donner de la chaleur, de la tendresse! «  En effet, qui veut sauver sa vie, la perdra; mais qui perd sa vie à cause de moi, la sauvera» (Luc 9:24)

            Dieu lui-même s’est risqué à aimer... et il en a souffert. Cf. Osée: «elle courait après ses amants, et moi, elle m’oubliait» (Osée 2, 15). Le Christ en croix, victime de son amour pour l’humanité.

IV. QU’EST-CE QU’IL YA DANS UN CŒUR QUI AIME?

            Qu’est-ce qu’il y a dans un cœur qui aime? Que devons-nous avoir dans notre cœur pour réussir nos amours? Nous le découvrirons à travers cinq objets symboliques.

    1. Le chèque en blanc, symbole de la confiance. Sans la confiance, l’amour est impossible. La confiance, si précieuse, et si facilement brisée.

        2. Les papier-mouchoirs ou l’écharpe de soi, symbole de la souplesse. Il faut beaucoup de souplesse dans une relation. Mettre de l’eau dans son vin, ne pas dramatiser une situation, avoir de l’humour.

       3. La clé, symbole du partage. Le plus difficile à partager, c’est le temps. Si je partage ma maison, mon chalet, l’autre ne part pas avec! Mais le temps que je donne à l’autre est un don total: il ne reviendra jamais.

         4. Le téléphone: la communication, c’est la nourriture de base de l’amour.

       5. La gomme à effacer, symbole du pardon. Nous sommes des êtres humains et donc faibles. Pardonner à l’autre d’être humain!  Inévitablement, on se fait mal, on déçoit l’autre. Sans pardon, aucun amour ne peut survivre.

         6. La croix. Saint Jean a écrit: «Qui n’aime pas n’a pas découvert Dieu, puisque Dieu est amour.» «Dieu est amour: qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui» (1 Jean 4, 8.16) Celui qui aime est habité par Dieu. Et celui qui est habité par Dieu est branché sur la source même de tout amour. De Dieu, nous apprenons l’art d’aimer et recevons la force d’aimer.

Laissons Montfort nous guider pour contempler la source de tout amour: le Christ dans sa passion:

Hélas! On le prend, on le lie,
On l’accable de mille coups,
On le cloue, on le crucifie,
Son Cœur est toujours aussi doux.

Son Père exauce sa prière,
Voilà qu’on perce son côté
Duquel il sort une rivière
D’eau, de sang et de charité.

Enfin, la fournaise est ouverte,
Enfin, ce grand Cœur est ouvert;
Enfin, la cause est découverte
Pourquoi Jésus a tant souffert.

En le perçant, on le soulage,
Car le feu dévorant ce Cœur,
La lance lui fait un passage
Pour se rendre au cœur du pécheur.
(cantique 41, couplets. 1, 19, 28, 34-36)

Georges Madore s.m.m.

10 août 2013